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Le suivi des raies et des requins

En partenariat avec l’Association pour l'étude et la conservation des sélaciens (APECS), le Parc naturel marin d’Iroise s’engage pour améliorer la connaissance sur les requins, raies et pocheteaux, mais aussi sensibiliser les acteurs sur la préservation de ces espèces.

Pourquoi étudier les raies et les requins ?

Parmi les populations de requins et de raies des eaux européennes ayant fait l’objet d’une évaluation par l’UICN – Union Internationale pour la conservation de la Nature, un tiers est considéré comme menacé selon les critères de la Liste Rouge.
Le conseil de gestion du Parc naturel marin d'Iroise, en tant que gestionnaire d’une aire marine protégée et opérateur de cinq sites Natura 2000 , a la responsabilité du bon état de conservation des espèces et habitats protégés et remarquables. A ce titre, le Parc doit disposer de données scientifiques et de suivi permettant d’évaluer l’état de conservation des populations présentes dans son périmètre afin de proposer, le cas échéant, des mesures de protection ou de conservation des élasmobranches.
En dehors d’un règlement communautaire qui précise les espèces interdites de capture et de débarquement par les pêcheurs, les élasmobranches (raies et requins) ne bénéficient d’aucun statut de protection par la loi française. Plusieurs d’entre elles sont pourtant considérées comme menacées. D’un point de vue halieutique , les données biologiques sur ces espèces en Iroise font défaut.

Quelles actions ?

CapOeRa: capsules d’œufs de raies

Selon le protocole défini par l’APECS en 2010, la laisse de mer des plages de Kervijen (Baie de Douarnenez) et de Porsliogan (Le Conquet) est prospectée de façon exhaustive une fois par mois pour rechercher des capsules d’œufs de raies.
Les capsules d’œuf de raie brunette sont majoritaires sur les plages du nord Finistère, tandis que les capsules d’œuf de raie bouclée représentent la quasi-totalité des échouages en baie de Douarnenez. De manière générale, l’étude de la distribution mensuelle des échouages de capsules fait ressortir deux pics pour la raie bouclée et la raie brunette. Le premier pic a lieu au début ou au cours du printemps et le second en fin d’automne, début d’hiver (novembre - décembre).
Une opération de chasses aux œufs de raies, à la période de Pâques, a également lieu où le grand public est invité à ramasser et recenser un maximum de capsule. L'objectif est de sensibiliser le public à la présence de cette espèce menacée en Iroise mais aussi de faire un état des lieux à une période donnée.
Afin de vérifier si des zones de ponte existent bien à proximité des plages qui auront été identifiées comme des sites particuliers d’échouage de capsules, un protocole de prospection en plongée a été testé.
Des plongées ont été réalisées sur des stations différentes, au cours desquelles aucune capsule n'a pu être localisée. La présence récente de deux adultes a cependant été observée grâce aux traces laissées sur le sable.

Allo elasmo : suivi des élasmobranches

Dans la famille des poissons, les raies et les requins font partie de la classe des  élasmobranches (le squelette reste cartilagineux chez l’adulte).
L’APECS et le Parc naturel marin d’Iroise ont entamé en 2010 un programme de science participative, "Allo Elasmo",  invitant les usagers de la mer à signaler toute observation ou capture de requin ou de raie. Un livret et une affiche présentant les espèces susceptibles d’être rencontrées et donnant les clés pour participer au programme sont diffusés. Un site Internet dédié au programme permet aux usagers de signaler leurs observations ou captures de requins et de raies.
Sur les 17 signalements en 2011, 12 sont des observations en plongée, 4 sont des captures (au filet, à la ligne ou en plongée) et un signalement correspond à un échouage de requin hâ (requin vivant essentiellement sur le fond).

Zoom sur…le requin pèlerin

En 2011, 19 signalements de requin pèlerin ont été rapportés en mer d’Iroise, soit 23.5% des observations françaises. La saison 2012 présente une nouvelle fois un nombre d’observation plutôt faible, en Iroise comme sur le reste du littoral français.
A ces 19 requins observés vivants en mer, s’ajoute une capture accidentelle en baie de Douarnenez au cours de l’été. La majorité des observations se concentre entre mars et août. Traditionnellement, le pic de signalements en Iroise a lieu en été (juillet et août en particulier).
Depuis 2010, l’APECS et le Parc naturel marin d’Iroise ont harmonisé leurs protocoles de prélèvements de zooplancton et ont commencé à mutualiser les données collectées afin de mieux appréhender le contexte environnemental induisant la présence du requin pèlerin en Iroise.
En savoir plus sur le requin pèlerin.