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Banc de maërl

Le terme de maërl désigne des accumulations d’algues calcaires rouges vivant librement sur les fonds meubles infralittoraux . En Iroise, comme dans le reste de l’Europe, les deux espèces principales de maërl sont Lithothamnium corallioides et Phymatholithon calcareum. Les bancs se forment par accumulation de ces algues sur une épaisseur variant de quelques centimètres à plusieurs mètres. Le maërl est un habitat très fragile.

Un habitat remarquable

Les algues constituant le maërl ont une croissance très lente, et l’âge de certains bancs est estimé à plus de 8000 ans. Ainsi, les fragments vivants de grande taille font partie des plantes marines les plus âgées d’Europe.
Les bancs de maërl sont présents dans les eaux turbides, dans des conditions de courants propices au maintien des algues sur le fond (courant de vitesse inférieure à 1m/s) et où la circulation de l’eau évite une trop forte sédimentation. Les bancs de maërl se trouvent à une profondeur variant entre 0 et 30 mètres en Iroise, comme sur l’ensemble des côtes atlantiques françaises.
Ce sont des niches écologiques pour les invertébrés vivant au voisinage du fond (épifaune) et ceux qui sont enfouis dans la vase ou le sable (endofaune). De plus, le caractère solide et la faible profondeur où se trouvent les bancs de maërl permettent le développement d’une flore riche et diversifiée.
Ainsi, ces formations peuvent abriter une très grande diversité d’organismes, à la fois d’origine végétale et animale. Les bancs de maërl sont un lieu privilégié pour l’alimentation des coquilles Saint-Jacques, un lieu de broutage pour les bars et les lieux et de ponte pour les seiches et les ormeaux.

Où sont les bancs de maërl en Iroise ?

Le Parc naturel marin abrite trois bancs de maërl qui confère à l’Iroise un patrimoine naturel d’une grande richesse.

  • Le banc des pourceaux dans l’archipel de Molène est situé à l’ouest de l’Ile de Litiry et au nord du plateau Beulveniou. Les nombreuses roches qui se trouvent à l’ouest et au sud du banc protègent ce banc des grandes houles d’ouest. Très mobile, il présente plusieurs caractéristiques originales qui en font un banc d’importance européenne.
  • Le banc de Camaret est composé en très grande majorité de maërl mort (moins de 5% de brins vivants). Il est très mobile et façonné en ripple marks, en forme de rides parallèles, de grande taille, reposant sur un sédiment mixte constitué de vase à dominante sableuse et de maërl. Il constitue une entité très originale en Bretagne, ce qui lui confère une importance patrimoniale à l’échelle régionale.
  • Le banc de Telgruc en baie de Douarnenez est situé à l’abri d’écueils, d’affleurements rocheux, nombreux dans cette zone. Il représente le banc de maërl breton moyen.

Les observations récentes menées sur les trois bancs par l’Institut universitaire européen de la mer  en 2011, sur commande du Parc, montrent que ceux-ci sont dans un état de santé satisfaisant. 

Le maërl, un habitat très fragile et protégé

La croissance très lente du maërl rend cet habitat très fragile. Il se recolonise difficilement et lentement une fois détérioré ou détruit.

L’extraction interdite dans le Parc

Le banc des pourceaux (Molène) faisait l’objet d’une concession et d’une extraction jusqu’en 2008. Depuis, l’extraction de cet habitat protégé est interdite dans le Parc naturel marin d’Iroise. Outre la décision du conseil de gestion du Parc, l’arrêt de l’extraction à terme a été décidé dans le cadre du Grenelle de la mer, bien qu’il s’agissait d’un enjeu économique important au niveau national (notamment pour des usages agricoles et le traitement de l’eau dans plusieurs communes sur le littoral français).
Les bancs bretons sont vraisemblablement les plus grands de la façade Atlantique européenne. La France a donc une grande responsabilité.

Depuis 2003, un suivi Rebent est mis en place par le réseau de surveillance des fonds marins côtiers sur une dizaine de bancs, notamment en Iroise. Il a pour objectif de mesurer les tendances d’évolution à long terme des peuplements de faune et de flore des bancs de maërl à l’échelle locale et régionale. Il vise également à identifier, évaluer et le cas échéant prédire les conséquences des influences anthropiques ou climatiques sur la biodiversité des bancs de maërl.
Pour en savoir plus sur le Rebent : www.rebent.org

Les menaces

  • l’extraction ;
  • l’eutrophisation observée en rade de Brest, baie de Morlaix, baie de Concarneau ;
  • les espèces invasives telles que les crépidules (en baie de St Brieuc, les Glénan, les Moutons, le Nord de Belle-Île) ;
  • la pêche avec la drague à bivalves (effet sur la structure de l’habitat, enfouissement du maërl vivant, arrachage de grandes espèces…). Des tests scientifiques ont été réalisés sur des sites témoins et démontrent qu’au bout de quatre ans, il n’y a pas eu de retour de maërl sur la zone draguée.

La conservation du bon état de santé et de conservation des bancs de maërl passera par une meilleure connaissance de la variabilité et du fonctionnement de chaque banc.