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Suivis télémétriques de phoques gris en mer d’Iroise

Les suivis des phoques gris par télémétrie, par balises GPS/GSM, ont pour objectif de décrire les localisations et les activités des individus équipés de balise, en mer comme à terre. Ces suivis télémétriques donnent des informations sur les déplacements des phoques, informations précieuses pour évaluer l’importance de la mer d’Iroise pour cette espèce. Ils mettent également en évidence la nécessité d’un suivi à l’échelle de la façade atlantique nord-est.

Contexte et objectifs du projet

Le phoque gris se trouve en Bretagne à la limite sud de son aire de répartition dans le nord-est de l’Atlantique. Il s’agit d’une espèce marine qui revient à terre pour se reproduire, muer et se reposer. L’archipel de Molène abrite l’une des deux principales colonies de phoques gris en France.
Le conseil de gestion du Parc naturel marin d'Iroise, en tant que gestionnaire d’une aire marine protégée et opérateur des sites Natura 2000 (au titre de la Directive Habitats Faune Flore), a la responsabilité du bon état de conservation des espèces et habitats protégés et remarquables. A ce titre, il doit disposer de données scientifiques et de suivi permettant d’évaluer l’état de conservation des mammifères marins présents dans le périmètre du Parc naturel marin d’Iroise afin de proposer, le cas échéant, des mesures de protection.

Les travaux antérieurs à ceux du Parc

En 1999, 2002 et 2003, les suivis satellitaires de 16 phoques gris capturés dans l’archipel de Molène ont été réalisés afin de fournir les bases scientifiques à la conservation de l’espèce lorsque le parc marin était en projet. Ils ont permis de :

  • documenter les échanges entre l’archipel de Molène et plusieurs colonies en Angleterre, Pays de Galles, Irlande et îles anglo-normandes ;
  • d’identifier à large échelle les zones d’alimentation probables des phoques suivis, montrant une forte variabilité inter-individuelle des stratégies et zones de chasse.

La faible résolution des localisations Argos et la faible quantité de données comportementales pouvant être transmise par satellites ont néanmoins limité la possibilité d’appliquer ces recherches à une fine échelle spatiale, notamment à l’intérieur du périmètre du Parc.

Les suivis télémétriques aujourd’hui

De nouveaux outils permettent d’accroitre à la fois la résolution des localisations obtenues en mer (balises Fastloc GPS) et la quantité de données transmises (balises GSM).
Le projet mené en Iroise, et prévu sur trois ans, consiste à équiper 17 phoques gris (après dérogation ministérielle) de balises GPS/GSM. Les partenaires de ce projet sont le Centre de Recherche sur les Mammifères Marins, l’Université de la Rochelle, le Sea Mammal Research Unit, le Parc naturel marin d’Iroise, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et Océanopolis.
Les objectifs de ce projet sont de :

  • décrire les mouvements individuels des phoques à partir de leurs reposoirs terrestres dans l’archipel de Molène ;
  • décrire les rythmes d’activité des phoques ;
  • identifier et caractériser les zones probables de chasse des phoques ;
  • établir des recommandations de gestion à partir de l’ensemble des résultats obtenus.

Les premiers résultats

Les phoques sont globalement assez routiniers dans leurs déplacements, par contre quelques individus peuvent parcourir de grandes distances. Sur les douze phoques équipés de balises en 2010 et 2011, cinq d’entre eux sont allés visiter d'autres colonies de phoques gris aux îles Scilly, en Irlande, au Pays de Galles ou même en Ecosse, à plus de 1 200 km de l’Iroise.
Les premiers résultats montrent que les phoques passent plus de 75% de leur temps en Iroise et leurs déplacements pourraient s’expliquer par la disponibilité de leurs proies, mais ils dépendent également du nombre d’individus dans la colonie.
Ainsi dans l’archipel de Molène, leurs zones de chasse se trouvent proches de leur reposoir.
Les mouvements avec les autres colonies de phoques en Europe mettent en évidence le besoin d'un réseau international pour la protection de cette espèce.
Les premiers résultats permettent également de mieux appréhender les interactions entre phoques et pêcheries, au sein du Parc naturel marin d’Iroise et en dehors.