Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractères Agrandir les caractères Réduire les caractères

Les substrats meubles intertidaux en Iroise

Les estrans de sédiments meubles s’étendent depuis le haut de plage jusqu’à la limite des basses mers de vives eaux. C’est l’espace dit « intertidal » (« tide » en anglais signifiant la marée). Ils recoupent les dépôts non cohésifs et mobiles qui peuvent être de granulométries très différentes (blocs, galets, cailloux, graviers, sables, vases et argiles).

Un habitat remarquable

Les hauts de plages sont des zones de transition entre les milieux marin et terrestre, mais aussi un milieu où le recyclage du matériel organique des laisses de mer est intense. La laisse de mer est un écosystème, basé sur les apports provenant du champ d’algues des massifs rocheux (fucales et laminaires), qui héberge de nombreux crustacés détritivores comme les puces de mer. Ces derniers, par leur présence, attirent toute une faune spécifique comme le grand gravelot, le bécasseau variable ou le tournepierre à collier. C’est une importante aire de nourrissage pour ces oiseaux.

 

Un zoom sur… Le grand gravelot (Charadrius hiaticula)

Ce petit limicole arpente toute l’année les larges plages à marée de sable ou de galets, et plus précisément autour des dépôts coquilliers et des algues échouées. Pour sa reproduction, il s’installe sur le haut de plage au-dessus de la ligne des plus hautes marées hautes.

Où trouve t-on des formes d’accumulation en Iroise ?

Un zoom sur… Le linéaire côtier du Parc naturel marin d’Iroise

D’un linéaire total de 330 km, le littoral du Parc naturel marin d’Iroise se caractérise par :

  • 220 km de côtes à falaise et rocheuses ;
  • 110  km de formes d’accumulation tels que des cordons de galets, des plages sableuses, des queues de comète, des flèches et tombolos, etc.

Les plages très étendues sont en baie de Douarnenez où selon les marées, les plages du Ris, de Trezmalaouen, de Kervel, et de Sainte Anne la Palue forment une seule plage, ainsi qu’en presqu’île de Crozon avec les plages de la Palue et Lostmarc’h. Des plages de petites tailles se retrouvent sur l’ensemble du trait de côte dans les rentrants des côtes rocheuses (façade orientale du Cap de la Chèvre, Ouessant).
L’accumulation de sédiments (graviers et sables), qui se déposent sous l’influence des courants et de la houle, peut former des cordons littoraux soudés au littoral par une seule de leurs extrémités. On parle alors de flèches à pointe libre. Elles sont au nombre de deux : la flèche de l’Aber à Crozon et la flèche du Correjou à Camaret en grande partie artificialisée par le port de Camaret. Lorsque l’extrémité libre est mobile et en fuite par rapport à la houle dominante, ce sont des formes de fuite (queues de comètes, tombolo entre deux îles ou le continent et une île). La plupart des formes de fuite se concentrent quant à elles dans l’archipel de Molène. On y retrouve la majorité et une grande diversité de ces formes : queues de comètes à Molène, tombolo entre les Ledenez de Kemenez, etc. L’île de Béniguet est en partie constituée d’une forme d’accumulation en fuite par rapport à la houle.
Les cordons de galets couvrent 20 km du linéaire de la mer d’Iroise. Ils se concentrent dans l’archipel de Molène et sur l’île de Sein. Les îles de Molène, Béniguet, Quéménes, Trielen, Balaneg, Morgol et Lez ar C’hrizenn comprennent des cordons de galets adossés ou en position de fuite (Béniguet en est le plus bel exemple). On en retrouve également quelques-uns sur le continent : adossés en baie de Douarnenez sur les plages de Trezmalaouen, de Kervel et de Kervijen, en presqu’île de Crozon, sur les plages de l’Aber, du Portzic et de Morgat, et sur la façade occidentale du Cap de la Chèvre dont Porz Kregen. La côte nord se révèle moins riche en accumulation de galets.