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Cartographie du champ d'algues molénais

Depuis près de deux ans, le Parc naturel marin d’Iroise élabore une cartographie des habitats de l’archipel de Molène et des abords de l’île d’Ouessant. On y trouve le plus important champ de laminaires des côtes de France, sur les larges plateaux rocheux sous-marins propices à leur croissance. D’immenses forêts, caractéristiques des eaux froides, abritent une biodiversité exceptionnelle.

Une richesse remarquable à préserver et à exploiter durablement

Les habitats de l’archipel de Molène constituent des entités naturelles remarquables, caractéristiques des eaux froides, indispensables à préserver, comme ceux des récifs coralliens et des mangroves.
C’est aussi une ressource très importante pour les goémoniers, qui exploitent ici 70% de la production française d’algues marines.  Depuis quelques années, les professionnels constatent d’une année à l’autre une fluctuation forte des stocks sur ses lieux de pêche traditionnels, dont certains sont exploités depuis 170 ans. Ces changements sont-ils le fruit d’une évolution naturelle, de modifications liées aux modes d’exploitation ou de l’effort de pêche ?

Une ressource à évaluer

Efficacement cachés sous la surface, les laminaires, laminaria digitata, conservent leurs mystères. Les stocks de ces algues brunes de l’archipel de Molène, et la surface couverte par ces forêts sous-marines reste une inconnue. Pourtant de nombreux acteurs du monde maritime (plaisanciers, plongeurs ou même d’autres catégories de marins pêcheurs) sont aussi préoccupés par la protection et la gestion des ces écosystèmes dont les fonctions de nourriceries et de frayères sont avérées de longue date.
La question de la cartographie de ces habitats a donc été posée dès la mise en place du Parc naturel marin d’Iroise dans un souci de conservation de cet écosystème remarquable mais aussi d’exploitation durable dans le périmètre d’une aire marine protégée. Pour réaliser ce projet, l’Agence des aires marines protégées, le Shom (Service hydrographique et océanographique de la Marine) et l’Ifremer se sont regroupés afin de mettre en œuvre les techniques modernes de l’océanographie côtière qui permettent aujourd’hui une évaluation fine de ces ressources.

 

Le programme de cartographie du champ d’algues

L’importance de la topographie sous-marine

Les algues se répartissent en fonction de la profondeur, c’est pourquoi la topographie sous-marine nous intéresse tant. En effet, la répartition des peuplements de grandes algues brunes dépend de deux critères principaux : le substrat, qui doit être rocheux et la lumière dont la pénétration dans le milieu marin varie avec la profondeur.
Les différentes espèces d’algues, réparties en ceintures ou peuplements, ont plus ou moins besoin de lumière. On les trouve ainsi étagées jusqu’à ce que la lumière du fond marin soit équivalente à 1% de celle de la surface. En deçà de cette limite, la croissance des grandes algues brunes est impossible faute d’énergie solaire suffisante à la photosynthèse.
En Iroise (record de France observé), cette limite est estimée à 30 mètres de fond. Elle marque la frontière entre la forêt de laminaires et la faune fixée (coraux, anémones éponges).

La technique de cartographie des fonds marins

Afin de modéliser la topographie sous marine, on utilise la méthode acoustique embarquée sur des navires océanographiques (sonars) et la méthode optique (lidar) aéroportée à bord d’un avion spécialisé. C’est avec ces techniques que les scientifiques reconstituent la topographie sous-marine afin de déterminer les surfaces couvertes par les différentes espèces de laminaires. Actuellement, le Parc réalise avec ses partenaires des plongées pour vérifier de visu la répartition et l’abondance des peuplements de laminaires.