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Le phare de Nividic

Le phare de Nividic a été construit entre les années 1912 et 1936 aux abords ouest de l’île d’Ouessant.

Une construction difficile et dangereuse

 Le Service des phares estimait qu'après l'achèvement du phare de la Jument prévu pour la campagne 1912, il serait opportun d'utiliser l'équipe tout particulièrement entraînée, constituée à Ouessant pour construire un nouveau phare. Les premiers travaux sur la roche commencent au cours de l'été 1912. Les premières études montrent les questions "nombreuses et complexes soulevées par l'établissement éventuel au sommet de la tour, d'un feu et d'un signal sonore à fonctionnement automatique ou dirigé à distance". Les travaux autorisés, l'édifice est érigé entre 1912 et 1936 au prix d'innombrables difficultés.

 La guerre n'interrompt pas le chantier et environ 50 mètres cubes de maçonnerie sont exécutés chaque année entre 1913 et 1916 mais les travaux parallèles de reprise sur le soubassement du phare de la Jument ne permettaient pas un avancement rapide de Nividic. En 1926 la tour atteint quand même les 26 mètres au dessus de la roche mais il restait à résoudre le problème de l'équipement.

Le « téléphérique » de Nividic

Les 900 m qui séparent la tour de l'île ne permettaient pas d'envisager la pose d'un câble électrique sous marin entre la station du Créac'h et la tour du Nividic. Pour résoudre le problème la possibilité d'une prolongation au-dessus de la mer de la partie aérienne de la ligne déjà prévue entre le phare du Créac'h et la côte de Pern est envisagée. En1923, il est suggéré de construire trois supports intermédiaires en béton armé qui porteraient les câbles conducteurs aériens et permettraient l'installation d'un transporteur de capacité limitée pour apporter au phare les hommes et le matériel.

Seulement deux pylônes sont construits sur les roches de Kerzu et de Conçu pour supporter un câble de la ligne électrique et le "téléphérique" utilisé pour la maintenance entre 1936 et 1939.  La tour est élevée à 33 mètres au dessus de la roche et il est décidé d'évider la partie supérieure pour permettre l'aménagement de chambres destinées à recevoir le matériel, groupes compresseurs, sirène de brume, réservoirs à gaz, réservoirs à air comprimé...

En 1929, la tour est prête pour recevoir ses équipements, mais de grandes réserves sont émises sur la stabilité de l’ouvrage. Il est demandé de renforcer  la base de l’édifice avant toute tentative d’éclairage. Des travaux de constructions de corsets de béton armé sont entrepris au cours de l’été 1930.  Au début de l’été 1933,  les premiers essais s’effectuent sans difficulté technique.

Des critiques de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander de respecter la beauté des lieux car les constructions et le câble tendu sur plus d’un kilomètre dénaturent le site. Le feu est enfin allumé en 1936 et les installations fonctionnent sans souci. En juin 1940, les troupes allemandes arrivent sur l’île. Le feu est alors éteint et le reste pendant la Seconde guerre mondiale.

Une installation fragile dans un lieu exposé

 Laissé sans entretien, Nividic se détériore rapidement. La corrosion attaque les câbles qui se rompent en 1943.  En 1945, la décision est prise de renoncer au transporteur téléphérique et d’admettre que le phare, comme toutes les autres tours en mer non gardiennées, ne serait visitable que lorsque le temps le permettrait.

En février 1953, le câble d’alimentation est remis en place et le feu principal est remis en activité mais une extinction se produit très rapidement. Inaccessible pendant une très longue période de mauvais temps, la première visite n’a lieu qu’en août 1955.

 Ensuite, toute une série d’extinctions accidentelles se répétèrent, prouvant ainsi la fragilité de l’installation en un lieu particulièrement exposé. Il est décidé de faire appel à l’hélicoptère de Protection Civile pour le transport du personnel et du petit matériel sur le site. La solution préconisée pour accueillir l’appareil au sommet du phare consistait à établir une plateforme d’atterrissage d’environ 5 m sur 5m ; elle est établie en bois en 1958 et devient la première du genre en France. Le 26 septembre 1958, se déroulent les premiers essais et en mai 1959, les travaux de rénovation commencent grâce à l’hélicoptère. En août 1971, la plateforme définitive est montée.

Sa description

Localisation: ouest de l’île d’Ouessant

Epoque : 1er quart 20e siècle, entre les années 1912 et 1936.
 

Description architecturale :

  • hauteur focale : 32,70 m.
  • Taille générale : 35.55m (30,40m au-dessus des hautes mers)

Description : tour octogonale en maçonnerie lisse sur un soubassement ovoïde en maçonnerie de pierre apparentes. La tour était peinte en noire à la création

Plus d'informations sur le phare de Nividic dans la fiche dédiée.