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Le phare de la Jument

Le phare de La Jument a été construit entre 1904 et 1911 au sud de l’île d’Ouessant, grâce au legs de M. Potron. 

Un phare né de la générosité d’un donateur

Ar-Gazec

En réponse à la circulaire du 24 septembre 1853 qui décidait d'un vaste programme de balisage de jour pour l'ensemble des côtes de France, les ingénieurs des services maritimes furent invités à dresser des inventaires pour définir les lieux les plus exposés de leur arrondissement. L'île d'Ouessant présentait à cette époque comme seule et unique marque le phare du Stiff et  on préconisait aussi de signaler la roche Ar-Gazec, « la Jument » en breton.

La situation n'évolua guère par la suite car les lieux trop inhospitaliers ne pouvaient porter d'édifice en maçonnerie traditionnelle. Le rapport de la Marine Nationale, concernant le nombre de naufrages et les pertes en vies humaines éprouvés dans ces parages, aboutissait au chiffre de 31 navires perdus entre 1888 et 1904. Le nombre de navires croisant au large de l'île d'Ouessant était alors estimé à plus de 20 000 par an et pour éviter à l'avenir des sinistres, la Commission des Phares élabora un programme complémentaire des abords d'Ouessant qui consistait à établir des ouvrages en béton armé capables de supporter des feux automatiques dans une des mers les plus dangereuses de notre littoral. La construction immédiate sur la Jument d'Ouessant d'une tourelle "en béton de ciment, dont le diamètre à la base atteindra 7 mètres au moins [...]" fut ordonnée.

Un legs inattendu

On projetait alors le début des travaux et l'on s'organisait en conséquence quand un événement inattendu vint bouleverser ce bel ordonnancement. Un membre de la Société de Géographie de Paris, Eugène Potron, décédait le 27 mars 1904 en léguant par testament une forte somme à l'État selon les termes suivants : "Je soussigné Charles, Eugène Potron [...], lègue la somme de quatre cent mille francs, 400 000 francs, pour l'érection d'un phare, [...]. Ce phare s'élèvera sur le roc dans un des parages dangereux du littoral de l'Atlantique, comme ceux de l'île d'Ouessant. [...] En cas de non acceptation ou de non exécution dans un délai de six à sept ans depuis la date de mon décès, la totalité de cette somme reviendrait à la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés [...]".

Le ministère des Travaux Publics accepta cette offre généreuse. Après divers repérages, il s’avéra que le meilleur site pour construire cette tour était celui de la Jument. La première campagne commença dès la fin de l'été 1904 pour préparer les fondations d'une tour de 36 mètres de hauteur. La première année on ne put accoster que 17 fois, pour 52 heures de travail. Entre avril et octobre 1905, 59 sorties permirent de travailler sur la roche et d'établir environ 6% de la maçonnerie  totale .

Après 1908 le délai imparti de sept ans se faisait de plus en plus pesant et  l'exécuteur testamentaire, maître Meunié, s'inquiétait lui aussi de l'achèvement prochain de la tour. Pour prouver sa bonne volonté le Service des Phares invita le notaire en août 1909 pour se rendre compte par lui-même de l'état d'avancement des travaux.

Une construction trop rapide

Une organisation rigoureuse, une équipe zélée, un conducteur entreprenant, des moyens nautiques et mécaniques adaptés permirent de tenir ce fameux délai imposé et le feu s'alluma pour la première fois le 15 octobre 1911, mais ce fut au prix de la solidité de l'ouvrage. Les défauts de raideur apparurent rapidement. La cuve à mercure laissait échappait le dangereux métal, les vitres de la lanterne se fendaient. Ces vibrations anormales provenaient à n'en pas douter de la trop rapide exécution du phare qui avait conduit les ingénieurs à réduire les dimensions du soubassement. L'ampleur des travaux de consolidation effectués ne cessa de s'accroître; ils se prolongèrent jusqu'en 1924. Cependant on s'interrogeait toujours sur l'avenir du phare. On profita de la guerre sous-marine à outrance et de l'extinction du feu pour tenter de remédier aux défauts originels en cuirassant les maçonneries fissurées et en élargissant le soubassement. Enfin en 1934 on se résolut à fixer le phare par 3 câbles intérieurs scellés dans la roche.

Sa description

Localisation: sud-ouest de l’île d’Ouessant

Epoque : 1er quart 20e siècle, années : 1904 ; 1911 ; 1924

Description architecturale : hauteur focale : 42,65 m.

Description : tour octogonale avec encorbellement à la partie supérieure en maçonnerie de pierres apparentes sauf à la partie inférieure où la maçonnerie est lisse sur un soubassement ovoïde en maçonnerie de pierres apparentes.

Plus d'informations sur le phare de La Jument dans la fiche dédiée.