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Le phare de Kéréon

Le phare de Kéréon a été construit entre 1907 et 1916 et surnommé « Le palace » de par sa construction onéreuse et son habitat luxueux.

Un phare imposant et luxueux

Le chantier de La Jument débutait à peine que la Commission des Phares a autorisé le 17 Juin 1907 l’établissement d’une tourelle en béton sur l’écueil de Men- Tensel (en breton : « la roche hargneuse ») au sud-est de l’île d’Ouessant, à proximité de l’île de Bannec. La roche avait déjà été reconnue et en partie relevée durant l’été 1906. Avec un bateau de travail à vapeur mouillé dans le port d’Argon, 43 accostages ont été réalisés durant l’été 1907. Les tâches préparatoires avaient été réalisées et 60m3 de maçonnerie de fondation avaient été montés. En 1908, 140m3 supplémentaires ont été réalisé, si bien que la plate-forme de fondation était presque terminée.

Charles Marie le Dall de Kéréon

Des circonstances extérieures entraînèrent de profondes modifications du projet initial en grande partie achevé. Le 2 Janvier 1910 Madame Jules le Baudry a écrit au Ministère des Travaux Publics en ces termes « ayant appris que le Ministère des travaux Publics était sur le point de commencer l’exécution d’un phare sur la roche de Men-Tensel située à l’Ouest de l’îlot de Loedoc, passage du Fromveur, et désirant honorer la mémoire de mon grand oncle, Charles Marie le Dall de Kéréon (enseigne de vaisseau de la Royale, condamné à mort à l’âge de 19 ans en 1794), par une contribution à l’érection d’un édifice de cette nature, j’ai l’honneur de vous proposer d’y concourir pour une somme totale de 580 000 francs […] Le phare portera après son achèvement le nom de phare de Kéréon ». La donation fut acceptée et confirmée le 31 janvier 1910, ce qui portait le total de dépenses autorisées à 750 000 francs.

Le chantier se poursuivit, mais il n’était plus question d’une simple tourelle car les fonds permettaient d’envisager une tour habitée et l’emploi de pierres de taille pour la construction de fût.

Pour ne pas rééditer les erreurs de La Jument, les ingénieurs conçurent un soubassement et une tour beaucoup plus volumineux. L’importance de l’établissement et la nécessité d’abriter de tout risque le personnel et le matériel obligeaient à augmenter notablement les marges de sécurité qui restent encore aujourd’hui les plus hautes jamais atteintes pour un phare en mer, et ce dans la monde entier.

La Première guerre mondiale ralentit les travaux. En effet, il y avait une équipe de 12 maçons durant la campagne de 1914, mais après la mobilisation générale on en retrouvait 7 appelés dont 6 incorporés dans des unités combattantes. Il fallait trouver des hommes disponibles, il fallait aussi trouver des matériaux de plus en plus rares notamment le ciment qui parvenait difficilement du port de Boulogne. Les dépenses durent être augmentées.

Plusieurs anecdotes ont ponctué les 11 années de construction, comme en 1910 où les ouvriers surpris par le temps ont dû être évacués en catastrophe et ont été récupérés un par un par la chaloupe de liaison. Le chantier a tout de même coûté la vie à un ouvrier emporté par la mer.

Ce phare- monument est souvent nommé « Le Palace », car c’est le dernier phare de pleine mer à avoir bénéficié d’un aménagement luxueux. C’est le phare français qui a coûté le plus cher en construction et c’est aussi le plus imposant bien que sa silhouette n’apparaisse pas comme telle sur l’eau. L’intérieur est véritablement somptueux avec des lambris de chêne de Hongrie, des parquets de chêne décorés de marqueteries d’ébène et d’acajou, des mosaïques sur les parois de l’escalier, des lits-clos ouvragés, etc. Le dernier gardien de Kéréon a quitté le phare le 29 janvier 2004. 

Sa description

Localisation: au sud-est de l’île d’Ouessant

  • Epoque : 1er quart 20e siècle, de 1907 à 1916
     
     Description architecturale : hauteur focale : 40,9 m. Taille générale : 47,25m (37.15m au dessus des hautes mers)

 Description : tour cylindrique de couleur grise en maçonnerie de pierre de taille apparente sur un soubassement ovoïde en maçonnerie de pierre de taille apparente. Le fût est terminé par une console supportant une balustrade à dès. 

Plus d’informations sur le phare de Kéréon dans la fiche dédiée.

Témoignages de gardiens

Retrouvez le témoignage d’un gardien de phare de Kéréon, Jean-Pierre Le Cocq.