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Les stations balnéaires d’Iroise

Le développement de stations balnéaires sur les côtes de la mer d'Iroise est plus tardif que dans le reste de la Bretagne. Dès le milieu du 19e siècle, certains sites accueillent des baigneurs ou des artistes. Il faut ensuite attendre la fin du 19e siècle pour que les premières stations balnéaires apparaissent sur le littoral, notamment à Morgat dans les années 1880.  Puis, d'autres stations, plus ou moins grandes, s’implanteront sur la côte d’Iroise. A la même époque, l'essor de la pêche a enrichi les conserveurs qui se sont construits des villas à Douarnenez et à Tréboul.

Des stations balnéaires en Iroise

Vendre du rêve

L'arrivée du chemin de fer joue souvent un rôle déterminant et avec lui, arrivent en masse les touristes et les vacanciers (Crozon et Camaret en 1925, Tréboul en 1880). A l’exception du Conquet, peu d’installations touristiques se sont implantées dans le nord du Finistère. La clientèle des stations balnéaires était essentiellement populaire (familles, colonies de vacances, cures de santé), même si certaines ont attiré une clientèle mondaine (Trez-Hir). Initialement populaires pour les bains de mer,  ces stations ont bénéficié du plaisir des promenades et de  l'attrait des paysages, auxquels de nombreux peintres seront sensibles,  (Camaret, Douarnenez). Par contre, aucune cure n'est proposée, à l'époque, sur les rivages de la mer d'Iroise. Les stations balnéaires vendent du rêve et le touriste devient exigeant, ses revendications allant parfois à l'encontre des intérêts locaux.

La transformation des littoraux

Le littoral se transforme alors, s'urbanise. A partir des années 1830, des cabines de bains mobiles sont installées sur les plages. Puis,  au début du 20e siècle, des cabanes en dur sont construites. La plupart ont disparu, mais il en reste certaines, comme sur la plage du Ris à Douarnenez.
Des hôtels puis de luxueuses villas remplacent l'hébergement chez l'habitant des premières années. L’ urbanisation croissante du littoral dévore l'espace et entraîne un important déboisement. Des colonies de vacances voient également le jour, comme à Morgat, créant parfois quelques conflits avec les autres catégories de visiteurs. Des auberges de jeunesse et des campings complèteront le dispositif au cours du 20e siècle. Cet étalement urbain posera des problèmes en termes d'approvisionnement en eau, d'évacuation des déchets ou de voirie. Le cœur de la ville n'est plus la place centrale et son église, mais la plage, sa promenade, son complexe hôtelier et ses maisons de villégiatures organisées en lotissements.

Une diversité d’héritages à découvrir

Même si les façades ont parfois été remaniées, de nombreux héritages de cette période subsistent dans les stations balnéaires riveraines de la mer d'Iroise. Les villas offrent une diversité architecturale étonnante : néo-gothique (19e et début du 20e siècle essentiellement), art nouveau (1890-1914), art déco (années 1920 et 1930), mouvement moderne (à partir des années 1920-1930), voire néo-médiéval, néo-renaissance ou de type chalet. Le manoir baroque de St-Pol-Roux à Camaret-sur-Mer ou à Morgat, la villa métallique Ker Ar Bruck classée aux Monuments Historiques en sont des exemples originaux. Les villas ont souvent été construites par des spéculateurs ou des promoteurs parisiens comme Armand Peugeot à Morgat.

Des héritages à préserver

Les héritages balnéaires ne sont pas toujours considérés comme un patrimoine à protéger ou à valoriser, en particulier dans les sites balnéaires mineurs. Certains hôtels ou villas sont mal entretenus, parfois à l'état d'abandon et certains ont même été détruits. Se pose  le problème de l'entretien de ces bâtiments appartenant le plus souvent à des propriétaires privés. Le coût des rénovations est souvent prohibitif pour les familles les moins aisées. Néanmoins, la plupart de ces héritages ne sont pas en danger.