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Les fortifications du littoral et des îles de l’Iroise

Les rivages de la mer d'Iroise revêtent une importance stratégique capitale : 112 héritages ou vestiges y ont été recensés. On note une concentration des éléments dans le site stratégique du Goulet de Brest et, à un degré moindre, dans l'île d'Ouessant.
Les fortifications de la rade de Brest et de ses abords constituent l'un des ensembles militaires les plus complets et variés, construit de façon continue depuis l’Age de bronze jusqu’au 20ème siècle.

Des éperons barrés aux blockhaus

Une côte fortifiée depuis l’Antiquité

Dès l'Antiquité, des éperons barrés sont creusés dans plusieurs promontoires rocheux. Au Moyen Âge, une motte féodale est édifiée à Rozan (Crozon).

Vauban en Iroise 

Aux 17 ème et 18ème siècles sous l'impulsion de l'ingénieur Vauban, de nombreuses fortifications sont édifiées sur le littoral afin de défendre le territoire des incursions espagnoles puis anglo-hollandaises. Les témoignages de cette époque sont encore très présents, notamment en rade de Brest et à l'approche du Goulet (fort de Bertheaume, lignes de Quélern, Tour Vauban, corps de garde de Lostmarc'h, de l'île Tristan,…).

 

 

 

 

 

Les « plans-types » de l’Empire

L'intensification de la construction des fortifications sur le littoral au 19ème siècle, en particulier à proximité de la rade de Brest, s'explique par le renforcement des menaces extérieures consécutif à l'avènement de l'Empire. Différents plans-types sont élaborés ce qui entraîne la standardisation des batteries (la partie fortifiée servant à placer les canons) : Loqueltas, îlette de Kermorvan, Toulinguet, Porsmoguer,etc. Elle s'accompagne également du remaniement de certains sites fortifiés plus anciens.

 

 

 

Le Mur de l’Atlantique

Au début du 20ème siècle, des modifications sont effectuées sur certains ouvrages à l'aide de béton armé.  Le Mur de l'Atlantique a été édifié à partir de 1942 par l'armée allemande pour se protéger d'une invasion des Alliés.  La ligne de blockhaus est particulièrement dense le long des rivages de la mer d'Iroise. L'emplacement de ces ensembles fortifiés coïncide souvent avec celui d'anciennes fortifications (Porsmoguer, Kermorvan, Toulinguet, île Tristan…). Des batteries en encuvement (à ciel ouvert), des toubrouks ou encore des murs anti-char sont également construits.

 

 

Devenir et enjeux

Des sites qui perdent leur usage défensif…

En raison des modifications stratégiques opérées dans le système de défense français depuis la fin du 20e siècle, le ministère de la Défense vend progressivement son patrimoine littoral devenu obsolète et coûteux à entretenir. L'emprise spatiale importante de ce patrimoine génère de nouvelles perspectives urbaines, mais également des enjeux en termes de gestion.

Les difficultés de leur requalification…

La conservation et la mise en valeur de ces héritages militaires sont difficiles en raison :

  • de leur étalement géographique,
  • des problèmes d'accès et de sécurité, de l'état de conservation (beaucoup d'héritages dégradés ou en ruine),
  • du manque de moyens des propriétaires,
  • de l'éventuelle dépollution pyrotechnique nécessaire.

 La localisation des héritages, souvent dans des sites naturels remarquables d'intérêt écologique et paysager, oblige à s'interroger sur les conditions d'accès. Concilier accès au plus grand nombre et protection du milieu et du bâti, notamment pour les sites appartenant au Conservatoire du littoral, soulève des difficultés.
 Les requalifications d'ouvrages ne sont pas toujours évidentes, même si certaines ont été réalisées. Ainsi, l’ ensemble fortifié de Kerbonn à Camaret a été transformé en musée .

Des héritages ou des patrimoines ?

Il s'agit par ailleurs souvent de " petit patrimoine " ou d'héritages récents, comme le Mur de l'Atlantique, dont les habitants ne discernent pas toujours la portée patrimoniale. Un problème moral peut se poser sur la façon de valoriser, sans heurter les consciences, des sites où des personnes se sont battues et ont perdu la vie.

Les actions de préservation et de valorisation mises en œuvre en Iroise

Des actions de préservation et de valorisation de ces héritages sont mises en œuvre en Iroise depuis quelques années. Ainsi, en 2008, la Tour Vauban de Camaret a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une route des fortifications a été mise en place en presqu’île de Crozon. Elle  permet de découvrir les multiples héritages défensifs de ses côtes. Une batterie a été restaurée sur la commune de Lanildut grâce notamment à l’appui du Conseil général du Finistère.