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La tradition du goémon en Iroise

Les rivages de la mer d’Iroise sont riches en algues de différentes espèces, en particulier entre Porspoder et Plougonvelin et dans l’archipel de Molène. Cela a permis le développement d’une « civilisation du goémon » qui perdure jusqu’à nos jours. Si les fours à goémon se sont éteints dans les années 1950, l’activité goémonière a trouvé un second souffle.

Les multiples usages du goémon

Les algues ont de tout temps été récoltées en Iroise :

  • goémon d’épave (algues détachées des rochers lors de tempêtes et venant s’échouer),
  • goémon de rive (espèces récoltées à marée basse à l’aide d’une faucille) ou
  • goémon de fond (laminaires dont la récolte se fait en bateau ou parfois à marée très basse).

Durant des siècles, le goémon a servi d’engrais dans les champs.
A partir du 17ème siècle et jusqu’à la Révolution, les verriers utilisent les cendres de goémon, qui contiennent du carbonate de sodium (soude), pour la fabrication du verre.
Dans la première moitié du 19ème siècle, les chimistes découvrent la richesse en iode des cendres des laminaires. A cette époque, l’iode est utilisée en photographie et en médecine. A partir de 1815, des usines d’iode voient le jour sur le littoral de l’Iroise. Le besoin de matière première augmentant, la récolte des laminaires se développe pour la production des « pains de soude ». Une véritable économie se met en place autour de cette récolte jusqu’aux années 1950.

Les traces de l’exploitation du goémon sur les littoraux de l’Iroise

Les fours à goémons

On peut découvrir les fours à goémon sur le littoral de l’Iroise, à Porspoder, Lampaul-Plouarzel et Lanildut. Ces constructions longitudinales en pierre servaient à brûler les algues pour produire des « pains de soude » qui étaient ensuite livrés aux usines.
Si certains fours à goémons sont aujourd’hui entretenus et valorisés, nombreux sont ceux qui sont recouverts par la végétation et oubliés. Il arrive que leurs pierres soient récupérées.

 

 

 

 

Les daviers

Les daviers sont des dispositifs rudimentaires de levage qui étaient utilisés pour remonter le  goémon depuis les criques inaccessibles aux charrettes.  Grâce à ces systèmes de levier, les paniers de goémon étaient ramenés jusqu’au sommet de la falaise à la force d’un cheval ou des hommes. Le goémon était alors traité sur place ou emporté par une charrette.
Les daviers s’écroulent du fait de l’érosion des falaises ou parfois du vandalisme, mais on peut encore en découvrir quelques-uns sur les falaises qui bordent le chemin côtier (GR34) depuis les côtes du Conquet, jusqu’à Locmaria-Plouzané, en passant par Plougonvelin.

Les usines d’iode

L'ancienne usine d’extraction d’iode dite “Tissier”, fondée au Conquet en 1829, est encore visible aujourd'hui mais elle est transformée en bâtiment d’habitation. Il n’y a plus aucune trace de son ancienne fonction.

Des patrimoines fragiles, à préserver et à valoriser

Les daviers, les fours à goémon, les murs à sécher le goémon, les usines d’iode sont autant d’héritages maritimes qui parsèment les littoraux et les îles de l’Iroise, particulièrement de Porspoder à Plougonvelin, mais aussi à Molène et Sein. Ces patrimoines sont particulièrement fragiles.
Des communes et associations s’investissent dans la reconnaissance, la préservation et la mise en valeur de ces patrimoines.  Des travaux de recensement des fours à goémon sont réalisés par la commune de Porspoder. L’association PHASE de Plougonvelin mène un travail de recherche et de géolocalisation des daviers. L’association « Bien vivre à Molène » organise tous les ans des actions de défrichage autour des fours à goémon de l’île. Les communes de Lampaul-Plouarzel et de Lanildut ont posé des panneaux mettant en valeur les fours à goémon.

Zoom sur la Maison de l’algue à Lanildut

La commune de Lanildut, en partenariat avec le Parc naturel marin d’Iroise, propose depuis juin 2011 un espace de valorisation des algues de l’archipel de Molène, de leur diversité  et de leur utilisation à travers les siècles.
La Maison de l’algue aide à comprendre l’évolution des techniques de récolte, de transformation, la vie du port de Lanildut et des goémoniers. Elle dévoile aussi les usages insoupçonnés des algues.
Des conférences et des expositions temporaires y sont également régulièrement présentées. L’exposition itinérante « Bleu Iroise, Mer vivante » du Parc y a été accueillie durant la saison 2011.