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Connaître, conserver et valoriser les épaves de l’Iroise

Les épaves constituent des biens patrimoniaux particulièrement fragiles. Soumises à l’action de l’eau de mer, de ses courants et aux dégradations humaines, elles se détériorent inexorablement. Elles sont pourtant les témoins de l’histoire maritime de l’Iroise, l’histoire de la pêche mais aussi les histoires commerciale et militaire. 

Les intérêts de la connaissance et de la préservation des épaves

Tous les sites archéologiques immergés renferment des pages emblématiques de notre passé maritime.  Parmi eux, il n’est pas rare que les épaves aient  une forte valeur symbolique et affective en raison des histoires souvent tragiques qui leur sont associées.

Leur étude permet l’acquisition de connaissances dans des domaines variés : échanges commerciaux, techniques de construction navale ou portuaire, navigation et qualités nautiques des navires.

Les épaves sont de véritables écrins d’une culture matérielle riche et diversifiée : marques de l’évolution des techniques architecturales et des moyens de propulsion, objets du gréement, outils, vaisselle de bord, armement, jeux, habillement, objets personnels, cargaisons (matières premières, toiles, défenses d’éléphant, vaisselle…).

Leur étude, que l'on doit majoritairement à des chercheurs locaux, passionnés d'histoire maritime et de plongée, et leur présentation aux publics contribuent à diversifier et à enrichir la connaissance du patrimoine maritime culturel des communes riveraines.

Les sources de dégradations

Les épaves, qu’elles soient constituées de bois ou de métal, sont des vestiges particulièrement fragiles. Si les structures des épaves de navires construits en bois se dégradent rapidement sous l’action de la houle et de l’environnement marin, elles peuvent en revanche, dans un contexte favorable, disparaître rapidement sous une importante couverture sédimentaire et, de ce fait, être excellemment préservées.

Quant aux épaves des navires à coque métallique, comme le Kléber, c’est surtout le caractère relativement récent de leur immersion qui donne l’illusion d’un meilleur état de conservation. Leurs structures subissent également les effets dévastateurs des grandes houles. Ces effets, combinés à l’action destructrice de la corrosion, vont intégrer et fondre progressivement leurs vestiges métalliques dans l’environnement naturel. Dans un avenir proche, il n’en restera plus de trace aisément interprétable.

Ces dégradations naturelles ou d’origines anthropiques diminuent donc la possibilité d’interventions scientifiques et la qualité esthétique et paysagère des épaves.

Conserver les épaves

Au niveau international

La convention de l’UNESCO de 2001, sur la protection du patrimoine culturel subaquatique n’a pas encore été ratifiée par la France. Mais le Livre Bleu des engagements du Grenelle de la Mer (article 100a) précise qu’il faut « Promouvoir une large ratification de la convention UNESCO de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique et, en cas de non ratification par la France, promouvoir un accompagnement juridique afin de protéger les épaves conservées dans la ZEE ou jusqu’au plateau continental. » 

Sortis de l’eau, les vestiges en bois ou en métal se dégradent très rapidement, ils s’assèchent et s’oxydent. Leur maintien en bon état nécessite des traitements souvent coûteux et des structures d’accueil bénéficiant de conditions de conservation adaptées. En ce sens, l'autorisation de ramener au jour des biens culturels maritimes des fonds marins (soumis à autorisation du Drassm) exige une réflexion concertée avec les spécialistes de la conservation préventive afin que leur prise en charge soit programmée très en amont des opérations archéologiques envisagées. Il est très souvent nécessaire que ces objets soient pris en charge par des laboratoires spécialisés en vue de leur préservation et de leur présentation muséographique.

Les vestiges des épaves contemporaines présentent la particularité de ne pas être encore stabilisés. Ils sont donc en voie de dégradation, leurs structures s’effondrant et se dispersant progressivement tandis que leurs composants sont encore en voie de dégradation et d’oxydation in situ. De nouveaux procédés de conservation sont à l'étude afin de ralentir les processus de corrosion de ces coques métalliques.

La conservation in situ est aujourd’hui préconisée.