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Epaves et navigation

La mer d’Iroise, une mer très fréquentée où  la navigation est parfois périlleuse, abrite de nombreuses épaves. Ces épaves peuvent représenter des dangers pour la navigation et il convient, dans ce cas, de faire connaître à tous leur localisation.

A titre d’exemple, l’épave du Lake Borgne, cargo charbonnier à vapeur, a été positionnée sur les cartes en 1921, à la demande des pêcheurs.

Des côtes fréquentées et dangereuses

Les côtes de la mer d’Iroise ont, de tout temps, été très fréquentées : carrefour obligé des voies maritimes commerciales entre les ports du nord de l’Europe et ceux du reste du monde, champs de bataille des conflits franco-anglais récurrents puis des deux guerres mondiales ou bien encore zones de pêche prolifiques. Elles sont, de plus, prolongées vers le large par une succession de barrières de roches à fleur d’eau surgissant des profondeurs marines et placées en travers des axes de navigation (chaussée de Sein, basses de l’Iroise, archipel de Molène-Ouessant). Elles sont, enfin, baignées par des conditions météo-océaniques particulièrement difficiles où se succèdent et, parfois, se cumulent violents courants de marées, brumes épaisses et tempêtes dévastatrices.

Parmi les causes de naufrage, l’absence de vent, fatale aux voiliers croisant dans ces parages, a été au fil du temps remplacée par les pannes mécaniques. Puis les avaries électroniques se sont substituées au manque de visibilité dû à la brume. Les abordages quant à eux découlent directement de l’intensité du trafic maritime.

Silencieux souvenirs de cette fréquentation et de ce riche passé maritime, un très grand nombre d'épaves subsiste sous les eaux. Pour l'heure, seule une faible proportion d’entre elles est identifiée, la grande majorité n’étant pas encore localisée.

Les épaves : des dangers pour la navigation

Par ironie du sort, les épaves, premières victimes d’une navigation difficile, peuvent représenter à leur tour un danger pour la navigation par les risques « de croches » qu’elles constituent, notamment pour les engins de pêche.

Les épaves susceptibles d’entraver la sécurité de la navigation sont celles qui reposent à faible profondeur. Elles sont recensées par le SHOM. On en compte environ 170 dans le périmètre du Parc naturel marin d’Iroise

Les données sur les épaves, destinées en premier lieu à l’établissement de cartes marines, intéressent en réalité un public plus large (particuliers, clubs de plongée, pêcheurs amateurs et professionnels) qui participe souvent aussi à la localisation et à l’identification des bateaux.

Certaines épaves ne figurent pas sur les cartes : les épaves de fort intérêt historique et celles qui sont devenues la dernière demeure de nombreux marins. Leur localisation n’est transmise qu’à de rares occasions : manœuvres militaires, forages industriels ou scientifiques...

L’histoire du Lake Borgne et de son nom retrouvé

Le Lake Borgne était un cargo charbonnier à vapeur équipé de deux  chaudières et d’une machine à triple expansion. Il faisait partie d’une série de bateaux construits sur les grands lacs américains et portant les noms de ces lacs (le Lake Borgne est un lac de Louisiane).

Le 21 octobre 1918, il vient ravitailler Brest en charbon, principal combustible de l’époque. Il touche une roche dans le chenal du Four et coule à quelques milles du Conquet.

En 1921, la Marine, à la demande des pêcheurs, positionne l’épave sur les cartes. Il devient pour la mémoire collective l’ARRAS, nom de l’aviso qui a effectué la recherche.

A l’arrivée de la plongée sportive, des recherches sont effectuées sur ce navire. On pensait alors que le Lake Borgne reposait sur les hauts-fonds des Platresses, en face de Plouarzel.

La méprise demeure jusqu’en octobre 2005, lorsqu’un plongeur trouve la plaque du constructeur du navire. Il est alors clairement identifié comme étant le Lake Borgne.