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Les épaves : des biens culturels protégés

Les épaves, indépendamment de leur ancienneté, de leur histoire et de leur nature, sont considérées comme des biens culturels maritimes et sont protégées à ce titre. Cette notion de biens culturels maritimes recouvre également les objets découverts isolément (ancres, canons, poteries...), les sites autrefois terrestres et aujourd'hui submergés (sites d'habitats, mégalithes...), les vestiges retrouvés sur l'estran (épaves, pêcheries...) ou encore les sites d'occupation ou les aménagements immergés d'origine humaine situés sur le domaine public maritime.

Les spécialistes de l’archéologie sous-marine travaillent à l’inventaire, à la conservation et à la valorisation des ces biens culturels maritimes.

L’archéologie sous-marine

L’archéologie sous-marine trouve sa genèse au 19e siècle avec l’apparition des scaphandres et des premiers engins sous-marins. Les trésors prélevés sur les épaves alimentaient alors le marché de l’art et les collections publiques et privées.

Dans la deuxième moitié du 20e siècle, l’archéologie sous-marine prend une orientation plus scientifique avec les techniques de quadrillage systématique du terrain, les relevés méthodiques et le développement de la photographie sous-marine. La discipline se professionnalise progressivement.

Dans la foulée, le DRASSM ( Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) est créé en 1966 à Marseille ; c’est le premier service au monde dédié à l'étude, l'inventaire, la valorisation et la protection des biens culturels maritimes. Au delà de l’intérêt porté, dans les premiers jours de la discipline, aux cargaisons et au mobilier de bord, les spécialistes étudient de plus en plus l'évolution des techniques de la construction navale dévoilées par ces navires engloutis.

L’histoire de l’archéologie sous-marine dans le Finistère commence dans les années 1960 sous l’impulsion du docteur Emile Guillerm et de quelques passionnés du GMAP (Groupe Manche Atlantique de plongée). Un premier inventaire des épaves est alors réalisé. Cependant, ces initiatives ne seront pas poursuivies et le patrimoine sous-marin de la mer d’Iroise reste encore peu connu.

Des campagnes de prospection, d’expertise, de sondage ou de fouilles ont été réalisées sur différentes épaves : La Belle-Cordelière (1512, pointe Saint-Mathieu), le Séduisant (1796, îlot de Tévennec, raz de Sein), le Golymin (1814, goulet de Brest), le Colombian (1865, chenal de La Helle), La Gorgone (1869, les Pierres-Noires) pour ne citer que quelques sites bien identifiés.

 

Les épaves, des biens culturels protégés

L’archéologie sous-marine, depuis les premières fouilles professionnelles de la fin des années 1960, a connu d’importantes évolutions tant sur les plans humain, technique, scientifique, qu’en matière de conservation et de restauration.

De nouveaux défis seront bientôt à relever : épaves profondes, épaves d’estran, conservation des épaves métalliques, aménagements des littoraux… 

Après l’intérêt scientifique exclusif porté à la période de l’Antiquité, les époques médiévale et moderne se sont peu à peu imposées comme incontournables. Aujourd’hui, c’est au tour des épaves contemporaines de faire l’objet d’études scientifiques et historiques.

Déclaration

Les épaves sont protégées par une règlementation : elles doivent être laissées en place et déclarées, dans les quarante-huit heures de leur découverte, auprès des Affaires maritimes, qui, après enregistrement, transmet le document au Drassm.

Les agents du Parc naturel marin d’Iroise, de par leur commissionnement, sont chargés de veiller au respect des  biens culturels maritimes dans le périmètre du Parc.