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Le phytoplancton toxique : autre effet de l’eutrophisation en Iroise

Le phytoplancton toxique est lié comme les algues vertes à l’eutrophisation de la zone côtière. Le confinement de la masse d’eau, un bon éclairement et des apports importants de nutriments favorisent son  développement.

Les agents du Parc marin suivent le phytoplancton toxique afin de :

- surveiller les développements spectaculaires (blooms)  dans les zones touchées,

- de limiter les jours de fermeture de pêche à la coquille St-Jacques et de la telline mais aussi,

d’éviter des problèmes sanitaires en consommant des coquillages ayant accumulé du phytoplancton toxique. 

Le phytoplancton toxique : qu’est ce que c’est ?

Parmi les 6000 espèces de phytoplancton, environ 70 sont toxiques et une  quarantaine d’espèces peuvent provoquer des intoxications chez l'homme voire même être mortelles pour la faune marine.

Deux familles de phytoplancton ont plus tendance à proliférer :

  • les diatomées qui sont des algues microscopiques à coque siliceuse et
  • les dinoflagellés, des algues microscopiques non-siliceuses, avec ou sans coque organique. 90 % des espèces toxiques sont des flagellées et plus particulièrement des dinoflagellés.

Les développements de phytoplancton toxique sont saisonniers et la présence de la toxine ne concerne qu’une période de l’année. Leur apparition est liée à l'enrichissement des eaux en éléments nutritifs : l’azote et le phosphore. Ils viennent surtout de l’activité agricole pour les nitrates et des rejets de stations d’épuration (pour les nitrates et les phosphates). Ces espèces sont toxiques parce qu'elles produisent des phycotoxines. Certaines sont libérées dans l'eau et sont directement nocives pour les animaux marins, d'autres restent à l'intérieur des cellules des algues et s'accumulent dans les animaux marins se nourrissant de phytoplancton comme les coquillages. Alors que ces derniers ne sont en rien affectés, ils deviennent toxiques pour leurs consommateurs.

Des études montrent par exemple que la présence de phytoplancton toxique provoque un stress dans le développement de la coquille St Jacques. Les conséquences se répercutent alors sur la biodiversité et indirectement sur la pêche professionnelle, et à un degré moindre, sur la pêche récréative avec des jours de fermeture, surtout pour la coquille Saint-Jacques et la telline au sein du Parc naturel marin d’Iroise.

Leur présence en Iroise

Parmi les différentes espèces observées dans le périmètre du Parc naturel marin d’Iroise, nous retrouvons surtout le dinoflagellés Dinophysis et la diatomée Pseudo-nitzschia.

Les diatomées Pseudo-nitzschiapseudodelicatissima et Pseudo-nitzschia multiseries ont été détectées durant plusieurs années à de faibles concentrations dont une prolifération importante en mer d'Iroise et en baie de Douarnenez (Finistère) au printemps 2000. Depuis, d’autres fermetures de la pêche à  la coquille Saint-Jacques ont eu lieu en 2004, 2007, 2008 et 2010. Toutefois, la majeure partie des fermetures liées à la pêche aux coquillages professionnelle ou de loisir n’est pas due à une prolifération de diatomées mais à la présence de Dinophysis.

La baie de Douarnenez, et l’anse de Dinan sont les plus touchées de la période d’avril - mai jusqu’à la fin de l’année à certains moments. Le courant résiduel très faible (courant résultant du va et vient dû à la marée) explique les proliférations phytoplanctoniques en baie de Douarnenez. L’entrée de la rade de Brest est également sensible. Ainsi, de 1997 à 2006, la présence de phytoplancton toxique est observée plus de 50 mois cumulés dans la zone de Douarnenez et plus de 30 mois cumulés dans la zone de la rade de Brest

A noter que Gymnodinium est une autre espèce de microalgue toxique, présente en forte concentration certaines années en baie de Douarnenez. Elle a tendance à provoquer des dommages voire des mortalités de poissons