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Le développement des algues vertes en Iroise

Certaines zones côtières du parc naturel marin d’Iroise sont envahies d’algues vertes. On parle alors de « marée verte ». Le développement de ces algues est lié au phénomène d’eutrophisation. Cette prolifération de micro ou macro algues entraîne des gênes, des dégradations ou des nuisances dans le milieu aquatique. 

Pourquoi un développement excessif d'algues vertes ?

Les algues vertes  (ulves) se nourrissent préférentiellement d’azote qui est en faible quantité dans le milieu marin en particulier du printemps jusqu'en automne. Dans des zones côtières confinées, les apports plus ou moins continus de nitrates, substances chimiques naturelles participant au cycle de l’azote, proviennent des rivières se déversant directement dans le milieu marin. Ces nitrates favorisent alors le développement excessif des algues vertes. 

Les conséquences de ce développement excessif

Elles représentent une gêne, pour :

  • les activités touristiques (plagisme, baignade, pêche de loisir avec filet, nuisances olfactives et visuelles),
  • la pêche en particulier à la telline ou la pêche côtière, l’activité sur les zones conchylicoles où les algues colmatent les filets, les tables à huîtres et les bouchots à moules, la pêche au filet et le dragage dans la baie de Douarnenez,
  • les récoltants d’algues.

L’accumulation d’algues vertes peut aussi être à l’origine d’une diminution de l’oxygène dans l’eau entrainant une mortalité des coquillages, poissons et organismes des fonds marins. Elle peut également asphyxier les herbiers de zostère. 

L'origine du développement des algues vertes

L’origine des apports de nitrates dans le milieu marin est essentiellement agricole. La concentration en nitrate devrait être  inférieure à 10 mg/l dans certaines rivières. Cet objectif est encore difficile à atteindre en Iroise. La profession agricole a donc un rôle important à jouer pour limiter de manière préventive le phénomène de marées vertes sur les côtes bretonnes.   

Malgré les programmes pour réduire leur impact, les algues vertes restent un sujet inquiétant. En 2008, les surfaces recouvertes étaient 40% supérieures à la moyenne des années 2002-2007. De plus, ces algues vertes, lorsqu’elles fermentent, produisent des composés gazeux (dont l’hydrogène sulfuré) qui peuvent être toxiques par inhalation. La mort de deux chiens à Hillion (Côtes d’Armor) en 2008 et d’un cheval à Plestin-les-Grèves (Côtes d’Armor ) en 2009 ont rappelé ces risques.

État des lieux du développement d'algues vertes en Iroise

En mer d’Iroise, les algues vertes sont présentes sur une dizaine de plages, essentiellement dans la baie de Douarnenez.

En 2009, neuf plages étaient concernées avec une présence significative, selon le Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA), dont sept sites dans la baie de Douarnenez (Morgat, Porz lous, Lieue de grève, Ty anquer, Sainte Anne la Palud, Kervel/ Trezmalaouen, anse du Ris). La plage la plus sensible reste celle du Ris qui peut-être recouverte par des algues vertes sur 1 à 4 km² ha  selon l’année. 

Les actions mises en oeuvre pour lutter

La baie de Douarnenez étant très sensible, un plan d’action de lutte contre les algues vertes a été mis en place en 2011. Il a pour objectif d’assurer une gestion optimale des algues vertes  et d’engager des actions pour réduire les flux de nitrates 30% d’ici à 2015 et 100% d’ici à 2027.

Le secteur nord du Parc est moins sensible au développement des algues vertes. Seules quelques plages sont concernées et les impacts sont plus faibles (L’iillien, Porspaul, Melon, Plougonvelin).

Au sein du Parc naturel marin d’Iroise, les actions qui seront menées sont préventives et curatives.

  • Préventives : le Parc marin identifie et négocie les seuils « acceptables » sur des rejets (flux des nitrates et de phosphore) ayant un effet direct ou indirect sur le Parc marin.
  • Curatives : le Parc marin teste plusieurs types de ramassage hivernal d’algues vertes en mer, en baie de Douarnenez. Des tests de ramassage en mer ont été réalisés en 2010 et en 2011.