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Les algues de rive : vers un label BIO

La récolte des algues est une activité ancestrale et essentielle en Iroise. Elle constitue un enjeu économique pour de nombreux professionnels dont une partie est représentée par la Chambre Syndicale des Algues et Végétaux Marins. Afin d’obtenir un label « BIO » et de soutenir l’activité de récolte des algues en Iroise, la chambre syndicale a sollicité le Parc  dans le cadre d’une démarche de classement sanitaire des eaux du Finistère nord.

Contexte

L’exploitation durable des champs d’algues est l’une des orientations de gestion du Parc.

Les algues sont présentées sous différentes formes selon l’usage (alimentaire, agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique). Il existe quatre activités de récolte d’algues :

  • la coupe des goémons de rive (Ascophyllum nodosum, Fucus vesiculosus, Fucus serratus, Fucus spiralis), activité principale liée à la production agricole (alimentation animale, fertilisants) et d’alginates (gélifiants) ;
  • la récolte du petit goémon (Chondrus crispus), activité saisonnière estivale liée à la production en carraghénanes (gélifiants) ;
  • la récolte d’algues alimentaires, activité récente qui tend à se généraliser ;
  • le ramassage du goémon de rive et de stipes de Laminaria hyperborea surtout pratiquée sur Landéda, Plouguerneau, Guissény.

Depuis le 5 août 2009, un règlement européen prévoit la possibilité de produire et récolter des algues sous le label « BIO » en application d’un règlement antérieur de 2007.

Le label « BIO » ne peut être obtenu que si les algues obéissent à trois critères :

  • être issues d’une zone qualifiée de bon ou très bon état écologique ;   
  • relever d’une zone qualifiée de bon état chimique (au titre du classement DCE) ;
  • relever d’une zone classée en conchyliculture A ou B et ne pas relever d’une zone classée en C ou en D, ou, à défaut « si la zone n’a pas fait l’objet d’un tel classement, ni de travaux préliminaires en vue d’un classement pour les gastéropodes, l’opérateur doit mettre en place un dispositif d’analyses relatives aux métaux lourds et à la présence d’Escherichia coli selon les mêmes critères que ceux figurants dans ce règlement » [n° 854/2004].

A  l’heure actuelle, les deux premiers critères sont respectés en Iroise, ce qui n’est pas le cas pour le dernier. La plupart des zones de récolte d’algues sont aujourd’hui situées en dehors des zones classées au titre de la conchyliculture. La mise en place d’analyses conformes au règlement n°854/2004 est donc nécessaire pour faire reconnaitre leurs qualités d’algues « BIO ».

Le soutien du Parc pour cette labellisation

Le Parc naturel marin d’Iroise encourage les initiatives de la profession visant à soutenir une filière de production durable des algues et appuie la démarche pour l’obtention d’un label « BIO » pour les algues de rive. La plupart des zones de récolte d’algues étant aujourd’hui situées en dehors des zones classées au titre de la conchyliculture, le Parc associé à la Chambre Syndicale des Algues a donc proposé un protocole en vue d’un classement conchylicole sur quatre sites de production d’algues à l’intérieur du périmètre du Parc. Quatre zones de récolte ont été identifiées :

  1. Ouessant (zone n°1)
  2. Archipel de Molène (zone n°2)
  3. Archipel de Sein (zone n°3)
  4. Côte de Porspoder à Plougonvelin (hors zones conchylicoles existantes) (zone n°4)

Ce classement nécessite la production de résultats d’analyses de qualité microbiologique et de certains métaux lourds (plomb, cadmium et mercure).

Les analyses réglementaires devant être réalisée sur des coquillages, une réflexion a été menée afin de définir l’espèce dont l’étude serait la plus pertinente. La patelle, coquillage brouteur d’algues, a été choisie et intégrée dans le protocole proposé à l’Ifremer. Les prélèvements ont commencé depuis septembre 2011 et sont réalisés par les agents du Parc.

 Les premiers résultats montrent des résultats encourageants pour les zones 2 et 3 mais ils restent des améliorations à apporter pour les zones 1 et 4.