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Gestion d’une pollution accidentelle dans l’Aber Ildut

Le 30 décembre 2010, les agents du Parc naturel marin d’Iroise ont remarqué une importante irisation à la surface de l’eau doublée d’une forte odeur de gasoil. Cette pollution d’origine terrestre venait d’une entreprise située à Pont Rheun en amont de l’Aber Ildut suite à une erreur de livraison de fioul. 2000 à 4000 litres d’hydrocarbures se sont ainsi retrouvés dans la rivière de l’Aber Ildut. Aidés du Cedre et de l’ONEMA, les agents du Parc ont mis en place des actions pour suivre et réduire la pollution. 

Actions mises en place par le Parc marin

En réponse à l’accident de décembre 2010, le Parc a mis en place un suivi de la qualité de l’eau de l’Alber Ildut (photographies et prélèvements d’eau de surface et de sédiment) afin de mesurer l’impact sur la faune et la flore locale. L’Aber Ildut est classé site Natura 2000 et le fioul rejeté pouvait s’être déposé en partie sur les vases de l’Aber, représentant ainsi un risque particulier pour les oiseaux limicoles qui se nourrissent d’invertébrés dans ces vases.

En se déversant dans la rivière de l’Aber Ildut, les hydrocarbures ont été la cause d’une pollution qui a touché plusieurs communes littorales : Lampaul-Plouarzel, Plouarzel, Brélès, Lanildut. Le Parc a communiqué à ces communes la mise en place de ses actions et a souhaité définir avec elles les lieux de prélèvement. A l’exception de la commune de Lampaul-Plouarzel qui a demandé que soit fait un prélèvement sur une plage proche de l’embouchure, ces municipalités ont laissé au Parc le choix des sites de prélèvement.

Deux séries de prélèvements ont été effectués, le 31 décembre 2010 et le 3 janvier 2011. Le Parc, assisté des agents de l’ONEMA, a constaté qu’une zone humide était très polluée sur la commune de Plouarzel (8000 mg/l d’hydrocarbures totaux, contre un taux proche de 0 à la normale). Du fioul léger s’était déposé sur une superficie de 100 m2. Après avis d’un expert du Cedre, et pour éviter une pollution chronique de l’Aber Ildut, le maire de Plouarzel a demandé à une entreprise privée de dépolluer le site rapidement. Ce chantier a commencé le 11 janvier 2011.

Résultats des suivis

Les agents du Parc ont mesuré la pollution des sites pendant plusieurs mois dans l’eau et dans les sédiments afin d’évaluer l’impact écologique.

Sur les huit points de prélèvements d’eau de mer, quatre sites étaient pollués : Pont Rheun (à la source), Kerglonou (Plouarzel), Vern (Lanildut) et la cale du bourg (Lanildut). La zone la plus polluée se trouvait à Kerglonou. Mais les analyses effectuées ont montré une dépollution rapide du milieu marin. Les barrages mis en place ont prouvé leur efficacité puisque la dépollution s’est poursuivie et quelques jours après, aucune pollution de l’eau n’était constatée sur les différents sites.

Une dépollution plus lente a été observée au niveau des sédiments. Si les sites de Milin An Aod et de Kerveatouz semblaient peu pollués, des concentrations importantes d’hydrocarbures totaux  avait été relevées sur le site de Pont Rheun, la zone la plus proche de la source de pollution. Suite à la mise en évidence de la présence de gazoil dégradé, le site de Pont Rheun a fait l’objet d’un suivi de l’évolution des hydrocarbures totaux afin de déterminer l’impact possible sur les oiseaux limicoles.

Grâce à la présence des agents du Parc, cette pollution accidentelle a pu être signalée rapidement et suivie par des prélèvements d’eau et de sédiment. Ils ont également permis de réaliser la dépollution de la zone humide en s’appuyant sur le Cedre, expert dans la dépollution. L’impact de cette pollution a pu être ainsi réduit efficacement.