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La pollution accidentelle ou illicite en Iroise

Six millions de tonnes d'hydrocarbures sont introduites par an dans les océans par l'activité humaine, ce qui représente, par conséquent, l’une des causes majeures de la pollution des océans. Les rejets chimiques ont aussi un fort impact. Ces pollutions proviennent des rejets accidentels mais aussi des rejets illicites. Dans la zone d’action du CROSS Corsen, dont dépend le Parc naturel marin d’Iroise, au cours de l’année 2009, 34 pollutions ont été détectées (50 en 2008). La part des rejets provenant des épaves reste encore peu connue mais non négligeable. 

Les marées noires

Depuis les années 70, la mer d’Iroise a connu différentes catastrophes rappelant à tous que le danger de marée noire reste permanent. Les pollutions les plus tristement connues sont bien sûr l' « Amoco Cadiz » (223 000 tonnes en 1978), puis, plus récemment, l' « Erika » en décembre 1999.

Ces catastrophes étaient liées à un déversement de fioul ou autres hydrocarbures qui produisent de larges plaques, des galettes et des boulettes d’hydrocarbures. Les oiseaux et les mammifères marins se retrouvent alors englués. D’autres espèces peuvent aussi être touchées et l’impact sur la pêche est alors dramatique. Elle peut, comme cela s’est passé lors du naufrage de l’Erika, être interdite pendant une longue période.

Les marées noires de l'Amoco Cadiz  puis de l'Erika ont ainsi provoqué des révisions de l'instruction nationale régissant la lutte contre les pollutions marines accidentelles (Instruction Polmar), et qui concernent actuellement le Parc naturel marin d’Iroise.

Les pollutions accidentelles

Les accidents d’approches portuaires, les déversements accidentels comme au port de Brest en 2002 avec le « Norrisia» ou les pollutions volontaires et illicites par des navires peuvent aussi être à l’origine de graves pollutions.

Le Parc naturel marin a aussi connu une pollution accidentelle au gasoil le 30 décembre 2010 à l’Aber Ildut.

En savoir plus sur la pollution de l’Aber Ildut

Les hydrocarbures ne sont pas les seuls en cause. Même si jusqu’à présent, ils n’ont pas eu d’impact sur le secteur du Parc, d’autres risques peuvent exister. On peut citer à titre d’exemples :

  • l' « Allegra » qui a déversé de l’huile de palmiste en Manche,
  • le « Levoli Sun »,   du styrène en 2000 et
  • le « Junior M », du nitrate d’ammonium au large de Sein en 1999.

Autre source d’inquiétudes, les rejets illicites d’hydrocarbures peuvent être la cause de pollutions. Entre mars 2008 et mai 2009, la douane a dénombré trois déversements illicites dans le Parc marin.

Les actions du Parc

Avec le Cedre, le Parc travaille à la réactualisation de l'atlas POLMAR afin qu’il tienne compte des particularités du Parc marin. La réflexion concerne tous les types de pollutions marines (hydrocarbures, macro-déchets, produits chimiques), la lutte en mer et à terre. Cette réflexion aborde :

  • la prise en charge de formation des agents du Parc (identification, réalisation de prélèvement, formation de base aux premières actions de lutte sur le littoral, ...);
  • la définition de méthodes de luttes adaptées au cas particulier d'aire protégée ;
  • la définition de plans d'intervention adaptés à l’aire protégée (identification de l’aire marine protégée dans le cadre des Plans communaux de sauvegarde, inventaire des zones à protéger ou à traiter en priorité, méthode à utiliser et à quel endroit en fonction du polluant, ...) ;
  • l’identification des données à intégrer dans le cadre d’atlas de sensibilité aux pollutions accidentelles.

Préserver les zones les plus sensibles

L’atlas de sensibilité du Finistère présente une synthèse de la sensibilité des espaces côtiers et permet d’orienter les choix d’une stratégie de lutte visant à préserver les zones les plus sensibles lors d’une pollution accidentelle des eaux sur le littoral. Il est construit sur trois thèmes majeurs :

  • la sensibilité physique,
  • la sensibilité écologique et
  • la sensibilité économique.

Ainsi, d’un point de vue physique, l’Aber Ildut, la ria du Conquet, l’archipel de Molène, Douarnenez et le port Rhu seraient les secteurs les plus sensibles de la mer d’Iroise. Au vue des protections réglementaires, ce sont surtout l’archipel de Molène, l’île de Ouessant et la presqu’île de Crozon qui sont importantes au niveau écologique alors que la sensibilité économique est assez homogène en mer d’Iroise.

Les rejets illicites sont surveillés chaque mois et en lien avec un suivi des macrodéchets sur l’île de Sein, le site de Kerizella à Porspoder et la presqu’île de Crozon (Porz koubous).

A Porspoder, des boulettes de pétrole ou de graisse provenant des bateaux ont été trouvées. Ces rejets illicites entraînent une pollution chronique du secteur et des oiseaux mazoutés (Fou de Bassan, Pingouin torda) ont été observés sur ce secteur.