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Les pollutions liées au dragage et au clapage

Les dragages permettent de maintenir les profondeurs nécessaires dans les bassins portuaires et les chenaux d’accès. Toutefois, cette activité n’est pas sans impact. Les déblais, ou sédiments de dragages, constituent une problématique du fait de leur devenir car ils peuvent être rejetés en mer. Par ailleurs, la suspension des déblais rend l’eau turbide et impacte alors le milieu naturel, que les sédiments de dragages soient pollués ou non.

L’activité de dragage et de clapage au sein du Parc marin

Au sein du Parc marin, les ports qui sont les plus régulièrement dragués sont  Ouessant, Le Conquet, Camaret, Morgat et Douarnenez. Le recensement des dragages effectués en mer d’Iroise avant 1991 met en évidence que les dépôts sont essentiellement terrestres. Mais depuis 1992, ces derniers sont plutôt marins sauf pour le site de Morgat. En effet, les ports de Camaret, Douarnenez et Le Conquet ont effectué des dragages importants  de 75 000 m3 de sédiments portuaires avant de les immerger. Des ports extérieurs au Parc marin sont aussi concernés. Ainsi, le port du Château à Brest a déjà eu l’autorisation de déverser en mer d’Iroise des sédiments de dragage. Cette opération porte le nom de clapage.

Référentiel français de qualité des sédiments marins ou estuariens présents en milieu naturel ou portuaire

Le référentiel français est précisé par l’arrêté du 14 juin 2000. Cet arrêté précise deux seuils (N1 et N2) pour les teneurs chimiques :

  • Le niveau 1 (N1), au-dessous duquel les opérations de dragage seraient autorisées sans autre étude : l’impact potentiel est jugé neutre ou négligeable
  •  Le niveau N2, au-dessus duquel les opérations sont susceptibles d’être interdites. Une investigation complémentaire est généralement nécessaire car des indices peuvent laisser présager un impact potentiel de l’opération. Une étude d’impact approfondie est alors jugée indispensable. Le clapage y est interdit.
  • Entre les niveaux N1 et N2, une investigation complémentaire peut être nécessaire en fonction du projet et du degré de dépassement du niveau N1.

En Iroise, les suivis dans les ports révèlent que le port de Morgat est moins pollué que ceux de Douarnenez et de Tréboul. A Morgat, des concentrations supérieures aux normes réglementaires (N2) ont pourtant déjà été relevées en 2003. Par contre, le port de Douarnenez connaît toujours des pollutions importantes et elles dépassaient le seuil N2 en 2000, 2003 et 2006. Quant au port de plaisance de Tréboul, des concentrations supérieures à N1 (2000 et 2006) et à N2 (2003) ont été mesurées.

Avant 2005, les aires de clapage au sein du Parc marin se situaient en quatre zones : au large du Conquet, à Morgat, dans la baie de Douarnenez, et dans l’anse de Camaret. La zone de clapage vers Le Conquet était très proche d’un banc de maërl et d’un champ d’algues (à forte production primaire), et elle était également soumise à de forts courants. D’autres secteurs de clapage pouvaient avoir un impact sur des habitats fragiles. Ainsi, à Camaret, la zone de clapage se situait non loin d’une frayère et d’un banc de maërl. A Crozon, elle était proche d’un herbier, et à Douarnenez, la baie présentait des bancs de maërl, des aires de nourricerie, des frayères et des herbiers de zostères.

Toutefois, depuis 2005, aucune immersion n’a été effectuée dans le périmètre du Parc naturel marin d’Iroise.

Les enjeux du dragage et du clapage

Les interactions sont multiples. Les sédiments de dragages peuvent avoir des impacts sur l’écosystème, sur la pêche, sur les exploitations marines, sur la qualité de l’eau vis-à-vis des polluants toxiques. Ils peuvent par exemple conduire à la réduction des habitats remarquables ou à la destruction d’herbiers abritant une faune et une flore fragiles.

En effet, les rejets peuvent apporter des sédiments dans une zone fragile écologiquement (destruction d’habitats naturels tels que frayères, nourriceries, herbiers,…) ou entraîner un impact chimique. Ces sédiments de dragages sont chargés de polluants toxiques (hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP, tributylétain ou TBT, métaux lourds etc.) du fait de l’activité portuaire ou provenant de polluants drainés par le bassin versant. Les dragages remettent en suspension ces substances, qui sont ensuite disséminées sur le lieu de rejet. La zone affectée sera d’autant plus importante si le lieu de clapage est exposé à de forts courants de marées, qui entraineront les sédiments sur de longues distances.