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Le zooplancton, un indicateur de la qualité du milieu

Les organismes animaux, qui composent le zooplancton, sont les proies de nombreuses espèces marines. Sa quantité et sa composition ont donc un impact sur toute la chaîne alimentaire. Pour les espèces herbivores du zooplancton, leur production et leur composition dépend directement de celle du plancton végétal. Les études du Parc sur le zooplancton apportent des éléments essentiels sur la biodiversité en Iroise.

Le zooplancton : qu’est-ce que c’est ?

Le zooplancton est composé de différents groupes. On trouve des protozoaires (organismes unicellulaires), des méduses, des mollusques (beaucoup aux stades larvaires) et aussi des larves de poissons. Mais le groupe dominant est celui des crustacés majoritairement représenté par les copépodes, qui constituent souvent 70 à 90% de la masse totale du zooplancton. On y trouve également les larves d’autres crustacés (crabe, homard...) et le krill, essentiellement des petites crevettes (nourriture des baleines).
Ces organismes peuvent être filtreurs ou prédateurs. Certaines espèces de zooplancton sont herbivores et se nourrissent de plancton végétal, d’autres sont carnivores et se nourrissent de plancton animal. Ils sont eux même la nourriture de nombreuses espèces des échelons supérieurs de la chaîne alimentaire comme les poissons, notamment le requin pèlerin et certains mammifères marins ou encore quelques espèces d’oiseaux.
Le zooplancton, en particulier le groupe des copépodes est très diversifié et réactif aux conditions extérieures comme les blooms printaniers de phytoplancton (augmentation spectaculaire de phytoplancton) ou les changements climatiques plus globaux comme le réchauffement des mers. Ce sont donc de bons indicateurs de l’état des masses d’eau.

Pollution et changements climatiques

L'impact direct de la pollution sur les populations zooplanctoniques est difficile à évaluer. Il s'agit en effet d'établir la part revenant aux méfaits dus à la pollution et celle due aux variations "naturelles". Néanmoins, les effets sur le zooplancton des métaux lourds (zinc, cuivre, nickel, cadmium) apportés par les rejets industriels est connu. Les pesticides et insecticides associés aux rejets d'origine agricole affectent aussi les fonctions biologiques des organismes et engendrent des malformations.
Ainsi, malgré une augmentation du zooplancton dans le nord, autour des pôles, et quelques blooms spectaculaires locaux, l’activité planctonique semblait en diminution à l’échelle planétaire de 1999 à 2006. Cette diminution peut être due au réchauffement climatique, à l’augmentation de la turbidité liée à la présence plus ou moins importante de matières en suspension dans l’eau et à l’acidification des océans.

Le zooplancton en Iroise 

Les études et les suivis du zooplancton présentent plusieurs intérêts. Ils permettent d’évaluer les diminutions et/ou les augmentations des quantités d’organismes qui appartiennent au zooplancton et d’en connaître la composition au sein du Parc. Ces études apportent également des informations essentielles sur les phénomènes observés dans le milieu. Il devient alors possible de définir des zones plus ou moins sensibles ou clés, qui pourront faire l’objet d’une attention particulière, ou encore d’établir des liens entre les observations du zooplancton et les échelons supérieurs de la chaîne alimentaire, comme les poissons. En effet, les espèces dépendant toutes les unes des autres dans la chaîne alimentaire (proies/prédateurs), des liens peuvent être établis avec la présence/absence de certaines espèces selon les années. Ces études peuvent aider à la réflexion sur les mesures de gestion à mettre en place dans le Parc à la mise en place d’un indice basé sur la diversité en espèces du zooplancton, qui serait un indicateur de la qualité de l’eau.

Il existe peu de données sur le zooplancton en mer d’Iroise. Ce manque de connaissance nous a donc incités à commencer un état initial dans le périmètre du Parc. Ainsi, en septembre 2009, une première étude du zooplancton a eu lieu dans l’archipel de Molène. Elle continue aujourd’hui, en particulier avec la mission PNMIR .