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PNMIR, une mission pour suivre la qualité de l’eau en Iroise grâce aux populations de plancton

Le suivi du plancton (composition en espèces et quantités) doit servir à définir le bon état écologique du milieu. Mieux connaître les populations de planctons animal et végétal, premiers maillons de la chaîne alimentaire marine,  apporte des éléments essentiels sur la qualité de l’eau de l’Iroise. Toutefois, peu de suivis planctoniques, en particulier de zooplancton, ont été réalisés en Iroise. Le Parc naturel marin d’Iroise a donc créé la mission baptisée « PNMIR » pour mettre en place un indicateur de la qualité du milieu.

Pourquoi un suivi du plancton ?

Dans le Parc naturel marin d’Iroise,  le suivi de plancton permet d’acquérir des connaissances sur les espèces et le milieu marin :

  • Toute la biodiversité marine de l’Iroise dépend de cette nourriture. Avoir un état initial de la composition du phytoplancton et du zooplancton permet de mieux comprendre l’importance de certaines zones abondantes en nourriture pour d’autres espèces, notamment des espèces d’intérêt commercial. L’étude du plancton permet également de suivre des espèces remarquables du Parc comme le requin pèlerin, qui malgré sa taille, ne se nourrit que de plancton, et de l’océanite tempête dont le régime alimentaire est composé de zooplancton, essentiellement des larves de poissons.
  • Les panaches de rejets continentaux peuvent avoir une influence sur le développement du plancton végétal et sa composition en espèces. En rejetant dans le milieu marin des substances toxiques, il arrive  que ces panaches provoquent des proliférations de phytoplancton toxique qui ont des conséquences sur la qualité de l’eau. Les fronts de marées et les fronts thermiques sont souvent caractérisés par une augmentation du phytoplancton .

Le plancton est donc un très fort indicateur de l’état du milieu marin.

La mission PNMIR

Deux transects orientés « côte-large » (Douarnenez-Sein et Rade de Brest-Ouessant) ont été effectués à bord d’un navire. Ce sont des itinéraires de prospection ou d’échantillonnage fixés au début de la mission et recouvrant la plus grande diversité de situations. Ils se répètent trois fois par an et reprennent des points de prélèvements datant de 30 ans, de manière à montrer si la composition du plancton a changé et s’il y a eu des variations majeures de l’environnement au cours de cette période : qualité de l’eau, changements climatiques… Différents paramètres sont mesurés : température, salinité, pH et chlorophylle pour comprendre le développement planctonique. Huit stations de prélèvements d’échantillons ont été mises en place : B1, B2, B3, B4, B5, B6 et B7 sur l’itinéraire de Brest à Ouessant ; D1, D2, D3, D4, D5 et D6  sur l’itinéraire de Douarnenez à Sein (voir carte ci-dessous).

 

 

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Les premiers résultats

Le requin pèlerin se nourrit essentiellement de copépodes, un petit groupe de crustacés appartenant au zooplancton. Peu de requins pèlerins ont été observés en 2010 et même si les copépodes représentent l’espèce majoritaire du zooplancton en Iroise, c’est difficile d’établir un lien direct entre la présence du requin et le peuplement de zooplancton. 
Les campagnes océanographiques d’octobre 2010, puis de mai, juillet et octobre 2011 ont montré que le phytoplancton est plus abondant en surface qu’en profondeur. Toutefois, le phénomène inverse a été observé sur trois stations (B2 en mai et juillet 2011, B3 et B4 en octobre 2010), des stations peu éloignées des côtes.
Dans les zones côtières plus riches en sels nutritifs et dans les zones où l’on trouve beaucoup d’espèces de poissons d’intérêt pour la pêche, l’abondance de plancton a été relevée à certaines périodes, notamment en mai et en juillet 2011.
Enfin, en octobre 2011, de nombreux mammifères marins (petit rorqual, plus de 300 dauphins communs) et d’oiseaux marins (environ 2000 océanites) ont été observés aux points présentant le maximum de concentration en chlorophylle donc de plancton végétal. Ce phytoplancton sert de nourriture au plancton animal qui à son tour, prolifère et attire certaines espèces de mammifères marins et d’oiseaux.
Ces quelques résultats montrent l’intérêt concret de suivre le plancton pour mieux comprendre la biodiversité, l’importance de certaines zones riches en nourriture pour beaucoup d’espèces et la qualité de l’eau afin de mieux gérer une aire marine protégée comme le Parc naturel marin d’Iroise.

Vidéo : le plancton