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Le phytoplancton, premier maillon d’une longue chaîne alimentaire

En mer, le phytoplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire, est essentiel à la vie de nombreuses espèces (poissons, oiseaux, etc.) et donc aux activités de la pêche. Mais il peut arriver que la présence de phytoplancton soit excessive. Les cours d’eau terrestres apportent des quantités importantes d’azote et de phosphore dans le milieu marin qui sont la cause de prolifération du plancton végétal. Lorsqu’il meurt, un développement de bactéries se produit, dégradant le milieu en l’asphyxiant et entraînant une mortalité massive d’espèces dont des poissons et des coquilles Saint-Jacques.

Le phytoplancton : qu’est-ce que c’est ?

Le phytoplancton est l’ensemble des algues microscopiques. Il existe environ 4000 espèces phytoplanctoniques dans le monde : 250 espèces peuvent proliférer de façon importante en formant des eaux rouges, brunes ou vertes. Environ 70 espèces sont toxiques, mais la plupart d'entre elles sont totalement inoffensives. Comme les végétaux terrestres, le phytoplancton effectue la photosynthèse. Il est la source principale de l’oxygène que nous respirons. Il joue également un rôle essentiel dans la régulation du climat, notamment en pompant le CO2 (gaz à effet de serre) de l'air.
C'est le premier maillon de la chaîne alimentaire dans l'écosystème marin . Le plancton animal, dont se nourrissent certaines espèces de poissons et d’oiseaux, s’alimente grâce au  phytoplancton, essentiellement des diatomées, de petites algues unicellulaires (une seule cellule). En Iroise, ces diatomées, servent aussi de nourriture à des coquillages d’intérêt économique comme les huîtres, les moules, les coquilles Saint-Jacques, les palourdes, les coques, etc.

Le phytoplancton en Iroise

En mer d’Iroise, on observe des phases de développement du phytoplancton en fonction des saisons. Il fait son apparition à partir du mois de mars. Les sels nutritifs dissous dans l’eau de mer (nitrate, phosphate, silicate) lui servent de nourriture, mais pour permettre la photosynthèse, il faut que l’éclairement soit suffisant. Ce procédé s’effectue grâce à l’énergie que les végétaux captent des rayonnements du soleil.

Le développement du phytoplancton démarre par une prolifération de diatomées (bloom de diatomées) dans la bande littorale de la baie de Douarnenez et de l’entrée de la rade de Brest. En période estivale, de juillet à septembre, le bloom est moins important dans ces deux zones géographiques et il est principalement constitué d’une autre espèce d’organismes microscopiques, les dinoflagellés. Le phytoplancton se développe l’été en surface au niveau du front thermique . Dans les zones côtières, (la baie de Douarnenez en particulier), il peut y avoir une deuxième floraison à partir de septembre, mais moins prononcée que celle du printemps.
Il arrive que les aléas météorologiques modifient momentanément, mais profondément, ces cycles : les grandes crues peuvent déverser de grandes quantités d’eau douce dans la mer et créer des panaches continentaux d’eau dessalée et riche en nutriments qui sont d’autant plus étendus sous l’action du vent et de la marée.
Les saisons, la présence de fronts thermiques, les conditions météorologiques… jouent un rôle dans les variations de la composition en espèces. Ces fluctuations du phytoplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire, ont une influence sur les stocks de poissons et de ce fait, une répercussion sur les pêches.

Le réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines de l’Ifremer (réseau REPHY) a constaté qu’il n’y a pas de développement excessif de phytoplancton lié à l’azote ou au phosphore et d’espèces toxiques dans toutes les masses d’eau du Parc, excepté au niveau de la baie de Douarnenez et de la rade de Brest. Dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau, le paramètre « phytoplancton » est pris en compte dans l’objectif de « bon état » des masses d’eau d’ici à 2015.