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Les fronts et les panaches continentaux en Iroise

Dans le Parc naturel marin de la mer d’Iroise, les fronts de marées dus aux mouvements des marées, et les panaches continentaux résultant des apports d’eau douce du milieu terrestre, entraînent des modifications de la qualité de l’eau. Du fait des activités humaines terrestres, l’eau douce peut être chargée en substances toxiques qui seront la cause de pollutions diffuses et de proliférations spectaculaires d’algues ou de plancton végétal asphyxiant le milieu marin. Il est donc important pour le Parc de connaître ces apports qui enrichissent les masses d’eau de l’Iroise.

Les fronts de marée

Sur le plateau continental, les mouvements des marées sont importants puisqu’ils mélangent les eaux et selon la profondeur et la force des courants, peuvent influencer leur température. Lorsque ces mouvements se rencontrent, ils forment des fronts de marée, jouant un rôle de barrière. Au niveau de ces fronts, une couche de transition des températures des eaux superficielles plus chaudes et des eaux profondes plus froides peut se former. Cette couche thermique est appelée thermocline. On peut également observer dans certaines zones, des variations de la salinité des eaux qui se superposent aux variations de températures (front thermo-halin). Les fronts de marées sont souvent caractérisés par une augmentation du phytoplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire.

Les fronts de marée dans le Parc

Le Parc naturel marin d’Iroise se situe entre deux fronts : le front d’Ouessant (front externe) et le front côtier de l’Iroise (front interne). 

Le front d’Ouessant (exemple type d’un front de marée) : sa formation est liée aux forts courants. Etabli de manière permanente en période estivale, ce front thermique barre l’entrée de la Manche, du Sud de la Bretagne à la Cornouaille anglaise. Il entraîne d’importantes répercussions sur le fonctionnement de l’environnement et le comportement des espèces du large (écosystème pélagique). Ses caractéristiques essentielles sont :

  • l’existence d’une variation des températures très accentuée. (3 à 4 °C en moins d’un mille nautique) ;
  • la localisation du front à quelques kilomètres au large de l’île d’Ouessant et son raccordement à la côte à proximité de la pointe du Raz ;
  • la forme complexe de la bordure  du front car des tourbillons de durée de vie assez courte se juxtaposent.

Le front côtier thermo-halin de l’Iroise : relativement réduit, il marque vers le large la limite d’influence des eaux de la baie de Douarnenez et de la rade de Brest. Ce front s’étend de la pointe St Mathieu à la pointe du Raz. La variation thermique se superpose à une variation nettement prononcée en salinité, qui lui confère aussi un caractère halin.
Plus au large, le front du talus Nord-Gascogne se caractérise par la présence d’une bande d’eau relativement froide (différence de 1 à 2°C) au voisinage du talus continental.

Les panaches continentaux dans le Parc

Les panaches continentaux résultent des apports d’eau douce issus des bassins versants. Sous l’effet des courants, ces panaches vont provoquer, au sein du Parc marin, des modifications de l’état de l’eau. Ils déversent dans les eaux du Parc des substances qui, dans la plupart des cas, proviennent des activités humaines, notamment les rejets domestiques et agricoles. Ces substances, peuvent entraîner des pollutions diffuses ou une asphyxie de l’eau par excès de matières organiques, phénomène appelé eutrophisation . Ces perturbations peuvent provoquer des développements spectaculaires d’algues ou de phytoplancton toxiques pour le milieu. Il est donc important de connaître les apports qui viennent des différents bassins versants et qui enrichissent les masses d’eaux de la mer d’Iroise.
En rade de Brest, l’Elorn influence la qualité des eaux à la sortie du goulet de Brest, tandis que l’Aulne peut étendre son influence au sud jusque dans la baie de Douarnenez, à l’ouest jusqu’à Ouessant, et au nord tout le long des abers.

Carte « influence du panache de la rivière de l'Elorn »

Carte « influence du panache de la rivière de l’Aulne »

En baie de Douarnenez, les rivières du fond de la baie, Kerharo, Lapic et le Ris ont seulement une influence au niveau local.
La mer d’Iroise est également soumise à l’influence des panaches de la Vilaine, et de la Loire. Le premier s’étend au maximum jusqu’aux abers et au large d’Ouessant ; il pénètre dans la rade de Brest et dans la baie de Douarnenez. L’influence du panache de la Loire peut aller jusqu’à la baie de Lannion en période de crue et s’étendre au-delà de la mer d’Iroise. Les apports de ces panaches s’accumulent tout particulièrement dans la baie de Douarnenez.

Carte « influence du panache de la Loire »