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Le baromètre de la qualité de l’eau en Iroise

Deux directives européennes, la directive-cadre sur l’eau (DCE) et la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (DCSMM) ainsi que le schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) fixent des objectifs de qualité des eaux. Dans le Parc naturel marin d’Iroise, un état des lieux des six masses d’eau permet de suivre les évolutions de la qualité des eaux. Les enjeux liés au respect du bon état écologique et chimique des masses d’eau sont nombreux, en particulier dans la baie de Douarnenez qui est une zone prioritaire pour le Parc.

L’état des masses d’eau en Iroise

Au sein du Parc naturel marin d’Iroise, l’état écologique et chimique des six masses d’eau par rapport aux objectifs 2015 de la Directive Cadre sur l’Eau dépend globalement des apports continentaux qui sont déversés dans le milieu marin par les rivières.
En effet, l’évaluation de l’état écologique des six masses d’eaux indique en 2010, un très bon état pour les masses d’eau au large (Iroise large et Audierne large), un bon état pour les masses d’eau de l’Aber large, d’Iroise Camaret et de la rade de Brest (l’état écologique était moyen en 2009) mais un état moyen en baie de Douarnenez. Cet état moyen est dû à la prolifération d’algues vertes, les ulves .
Ainsi, seule la masse d’eau de la baie de Douarnenez ne devrait pas atteindre le bon état écologique en 2015 selon l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et bénéficie d’un report de bon état pour 2021.
Concernant l’état chimique, en 2010 toutes les masses d’eau ont été évaluées dans la zone du Parc naturel marin d’Iroise, indiquant un bon état chimique en général.

Les Abers

La masse d’eau des Abers  est en bon état écologique et en bon état chimique. En particulier, elle est en très bon état pour le paramètre température (0% de dépassement par rapport à la température de référence) et l’indice phytoplancton. Les bio-indicateurs, notamment les invertébrés des fonds marins et les macro-algues des eaux peu profondes montrent un très bon état de la masse d’eau. La présence de ces espèces donne des indications sur la qualité écologique et chimique du milieu où elles sont observées. 
Concernant les algues vertes et le phytoplancton toxique, la problématique est peu marquée. Par contre, les enjeux se situent au niveau microbiologique. Selon la nouvelle directive, quatre  plages seront classées pour leurs eaux de baignade en qualité «insuffisante» : Melon (Porspoder), Porspaul (Lampaul-Plouarzel), Porsmoguer-Kerhornou (Ploumoguer), Illien (Ploumoguer). De plus le gisement des Blancs Sablons est en état moyen. Une synthèse d’Ifremer de 2008 a classé ce gisement en mauvaise qualité car des alertes ont été attestées.

Rade de Brest

La rade de Brest est en bon état écologique et en bon état chimique. En particulier, elle est en très bon état pour le paramètre oxygène  (9,2 mg/l), le paramètre température (0% de dépassement par rapport à la température de référence) et l’indice phytoplancton. Le bio indicateur (invertébrés des fonds marins) montre un très bon état de la masse d’eau.
A part sur Plougonvelin, les algues vertes ne sont pas un enjeu sur la zone du Parc marin. Toutefois, le phytoplancton toxique est lui un enjeu essentiel pour la pêche à la coquille Saint-Jacques puisque le risque de développement d’une diatomée  (Pseudo-nitzschia) contenant la toxine amnésiante ASP et de Dinophysis (toxine diarrhéique DSP) est souvent important. Concernant l’eau de baignade, une plage sera classée en qualité «insuffisante» : le Trez-Hir (Plougonvelin) selon la nouvelle directive.

Iroise Camaret

Il manque des données sur cette masse d’eau, néanmoins elle est classée en bon état écologique et en bon état chimique. Un risque sanitaire (microbiologique) lié aux coquillages existe sur l’anse de Dinan puisque des alertes ont été attestées sur ce site.

 

 

 

 

Iroise large

La zone « large Iroise » est classée en très bon état écologique et en mauvais état chimique. En particulier, elle est en très bon état pour le paramètre « température et l’indice « phytoplancton ». Les indicateurs vivants comme les (invertébrés des fonds marins et macroalgues des eaux peu profondes) montrent un très bon état de la masse d’eau.
Un enjeu existe pour le phytoplancton toxique au gisement du Stiff (coquille Saint-Jacques) où la toxine ASP a été détectée et pour l’eau de baignade, selon la nouvelle directive, une plage sera classée en qualité « insuffisante » : Le Prat (Ouessant).

 

 

Baie de Douarnenez

La baie de Douarnenez est en moyen état écologique et en bon état chimique. En particulier, elle est en très bon état pour le paramètre oxygène et le paramètre température et l’indice phytoplancton. Le bio indicateur sur les invertébrés des fonds marins montre un très bon état de cette masse d’eau mais pour l’indice « macroalgue des eaux peu profondes », la masse d’eau est seulement en bon état.
Il existe cependant de nombreux enjeux concernant cette masse d’eau. On relève des quantités importantes d’algues vertes à : Porslous, Lieue de grève ; Kervijen ; Ty an quer, Sainte-Anne-la-Palud ; Kervel ; Trezmalaouen ; Morgat qui ont une surface couverte de plus de 20 ha. De plus, le phytoplancton toxique est un enjeu essentiel pour la pêche à la coquille Saint-Jacques, à l’amande et à la telline puisque le risque de développement de Pseudo-nitzschia (ASP) et de Dinophysis (DSP) est souvent important. Comme de nombreuses zones, la pollution microbiologique est problématique pour la pêche et la baignade. Trois plages seront classées en qualité « insuffisante » : Pors Lous (Telgruc-sur-mer), Ris (Douarnenez),  Pors Cad (Douarnenez).
Le risque de pollution chimique est important en particulier en zone portuaire (Rosmeur, Tréboul).

Audierne large

Il manque des données sur cette masse d’eau. Toutefois, la DCE classe cette masse d’eau en bon état écologique et en bon état chimique. Un enjeu lié au phytoplancton toxique existe sur le gisement de Sein (coquille Saint-Jacques) où la toxine ASP  a été détectée.