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L’origine des macro-déchets en Iroise

Le Parc naturel marin d’Iroise a réalisé un état des lieux de l’origine des macro-déchets dans son secteur. Quatre sources majeures ont été identifiées : la pêche, le tourisme, le trafic maritime et les bassins versants.

Une origine humaine

Quatre sources majeures de macrodéchets ont été identifiées par la convention OSPAR  : la pêche, le tourisme, le trafic maritime et les bassins versants. L’évaluation du volume, de la composition et des sources de la pollution par les macrodéchets du Parc marin a mis en évidence que son littoral est différemment impacté par cette pollution.

Le matériau qui prédomine sur les plages de l’Iroise est le plastique/polystyrène et on trouve également une quantité non négligeable de pétrole et de paraffine issus du trafic maritime. Sur les six sites suivis, 123 litres de macro-déchets sont récoltés en moyenne par mois, sur une bande de 100 mètres.

Composition des macrodéchets

Vidéo : une traçabilité pour les macrodéchets

 

L’activité humaine : un double phénomène

Les activités humaines créent donc ces macro-déchets. Dans un même temps, l’homme subit aussi l’impact de ces pollutions. Par exemple, les macro-déchets nuisent au tourisme. Ainsi, pour maintenir l’activité touristique, la pollution des plages entraîne un coût de nettoyage. La pêche professionnelle au filet est aussi touchée : les macro-déchets peuvent encombrer les filets ou même entrainer leur perte.
De plus, le patrimoine naturel, essentiellement les oiseaux et les phoques, est victime de cette pollution. Par exemple, des déchets ont été trouvés dans les déjections de phoques en mer d’Iroise.

 

Les sites les plus touchés

C’est pourquoi après la création d'une base de données sur les macrodéchets pour mieux comprendre leur origine, un travail de diagnostic des macrodéchets a été engagé par le Parc en 2011 sur six sites : Sein, Crozon, Porspoder, Le Conquet, Locmaria, Plouzané et Trienlen. Le site de Crozon accumule le plus de macrodéchets alors que celui de Kérizella à Porspoder est le moins impacté.

Des causes identifiées

L’activité de pêche professionnelle est identifiée comme étant l’une des sources majeures de la pollution aux macrodéchets de l’Iroise. Globalement, les plages de l’Iroise, même celles d’îlots inhabités, sont polluées en majeure partie par les activités du bassin versant et les pollutions constatées sur les îlots inhabités proviennent plutôt des déchets de la pêche et de l’aquaculture.

La pollution par le trafic maritime, avec le rail d’Ouessant à proximité du Parc, tient aussi une place importante. Ceci concourt à la spécificité de l’Iroise d’être majoritairement polluée par les activités maritimes contrairement à la tendance mondiale. Les plages de l’Iroise sont polluées par les rejets d’hydrocarbures et les déchets plastiques ménagers. Les sites les plus touchés, Kérizella et Trielen, sont donc à prendre en considération pour la gestion de cette pollution. 

Sources des macrodéchets

Les macrodéchets dans les nids de cormoran

Un suivi particulier des macrodéchets dans les nids de cormorans a été initialisé avec l'association Bretagne vivante en 2011 pour renseigner l’indicateur « macrodéchets » du tableau de bord du Parc.

Il en ressort que de nombreux macrodéchets identifiés par cet indicateur ont pour origine les activités maritimes, notamment la pêche professionnelle ou de loisir : morceaux de ficelles, de cordelettes, de cordages et de filets de diamètre et de couleurs variés. Les résultats ont mis en évidence que seul un faible pourcentage des nids contient des macrodéchets à Ouessant, à Molène et au Tas de Pois tandis qu'un faible pourcentage des nids ne contient aucun macrodéchet aux Fourches, au Toulinguet et à l'Aber.  Ainsi, les résultats les plus élevés sont notés à proximité du littoral continental, excepté pour les Tas de Pois.

Cet  indicateur, renseigné dans le tableau de bord du Parc marin, pourra être utilisé pour suivre à la fois l'intensité de la pollution marine et les effets potentiels de campagnes de sensibilisation liés aux macrodéchets, notamment celles provenant des pêcheries locales.