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Zone de nourricerie de la baie de Douarnenez

La baie de Douarnenez a une fonction majeure de nourricerie pour les poissons plats (la sole perdrix, le carrelet et le turbot) et d’autres espèces d’intérêt halieutique (bar, daurade…). En 30 ans, cette baie a subi des modifications importantes entrainant une eutrophisation .
Reprenant un protocole mis en place dans les années 1980 par l’Université de Bretagne occidentale, le Parc et l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM) étudient, via une pêche expérimentale réalisée à pied au chalut, l’évolution de la baie de Douarnenez 30 ans plus tard.

La « pouponnière » des poissons plats

Les poissons plats sont représentés en Iroise et en baie de Douarnenez par dix-huit espèces qui, pour la grande majorité, y vivent toute l'année. Ceci représente une diversité tout à fait exceptionnelle sur une zone géographique aussi réduite. Il y a plusieurs cas de figure selon les espèces :

  • les soles effectuent la totalité de leurs cycles biologiques à l'intérieur de la baie de Douarnenez.
  • Les plies ont des aires d'alimentation d'adultes et de juvéniles séparées.
  • Les turbots et les barbues ont des aires de ponte extérieures à la baie. Les larves entraînées par les courants y entrent et s'éparpillent sur les nurseries où se réalise la métamorphose. Les jeunes turbots passent leur première année sur les plages puis migrent vers des profondeurs plus importantes. Ils quittent la baie à partir de leur troisième année.

Ainsi, la baie de Douarnenez est considérée comme la "pouponnière" de l'Iroise pour ces poissons.

Les premiers suivis de la baie

Les observations des peuplements côtiers de poissons et des nourriceries intertidales développées dès les années 1980 par des équipes de l’Université de Bretagne occidentale et régulières entre 1986 et 1992, ont ensuite été interrompues.
Le Parc a réactivé ce suivi avec l’IUEM pour recueillir de nouvelles séries de données sur les poissons côtiers.

Une évolution récente du contexte

Une des menaces pesant aujourd’hui sur cet écosystème est le rejet dans l’environnement côtier d’azote et de phosphore en excès du aux activités humaines. Cet enrichissement entraîne un développement rapide et important d’algues vertes qui s’est récemment accru en baie de Douarnenez.
Ces algues opportunistes utilisent les éléments nutritifs quatre à six fois plus vite que des espèces d’algues pérennes à croissance plus lente comme les algues brunes. La présence d’algues en excès peut empêcher les juvéniles de se nourrir convenablement.
Les suivis cherchent à répondre aux questions suivantes :

  • Comment les écosystèmes peu profonds de la baie répondent-ils à l’eutrophisation par l’accumulation des algues vertes ?
  • Le rôle de nurserie des baies peu profondes sableuses s’en trouve-t-il altéré ?
  • A quelles échelles spatiale et temporelle ces modifications interviennent-elles ?
  • L’accumulation d’algues vertes induit-elle une modification du fonctionnement des écosystèmes côtiers ?

Les suivis actuels

Les plages retenues pour l’expérimentation sont les plages de Kervel à Plonévez Porzay, de l’Aber à Crozon et la plage de Kerloc’h à Camaret. La situation de ces plages entre les années 80 et aujourd’hui a bien changé.
Depuis 2011, les agents du Parc marin et l’IUEM ont procédé à un échantillonnage régulier, une fois par mois, à la senne de plage sur la plage de Kervel au fond de la baie. La plage de l’Aber dans la commune de Crozon a été prospectée une fois tous les deux mois.
Un bilan sur les structures démographiques des juvéniles d’espèces ciblées est en cours pour être comparé aux données anciennes collectées de 1974 à 1990.
Les effectifs capturés par le chalut de plage sont régulièrement de plusieurs centaines d’individus en été. La totalité de ces individus sont nés au printemps et restent pour les premiers mois de leur croissance à moins d’un mètre de profondeur. Mois après mois, on peut suivre leur croissance. A partir du mois d’octobre, le nombre de captures diminue dans le chalut de plage indiquant que les jeunes poissons ont quitté les plages pour les zones plus profondes.
Le problème des algues vertes reste pour l’instant entier. Cependant, des différences nettes de croissance et de structures en taille des populations de soles sont observables depuis que les épisodes et les efflorescences d’algues vertes sont plus nombreux. Il s’agit maintenant de confronter ces résultats avec des mesures de nitrates ou nitrites pour pouvoir l’expliquer.