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Programme PINGER : réduire les captures accidentelles de mammifères marins

Depuis janvier 2006, les armateurs de fileyeurs de plus de 12 mètres sont tenus d’équiper leurs filets de dispositifs acoustiques (pingers) pour éloigner les mammifères marins et réduire les captures accidentelles et accessoires de cétacés.
 En Iroise, les pêcheurs professionnels sont très concernés par le règlement européen, dans le cadre duquel, chaque Etat membre doit mener des études pilotes pour surveiller l’efficacité de ces dispositifs au fil du temps. L’étude pilote française a été réalisée sur la mer d’Iroise où le Parc marin  était chargé de sa mise en œuvre avec l’aide de l’Ifremer.

Objectifs de l’étude « PINGIROISE »

Le Parc a mené une étude intégrée, dénommée PINGIROISE, qui fait aussi intervenir le laboratoire des mammifères marins d’Océanopolis. Les données recueillies sur le terrain concernent :
la distribution des diverses espèces de mammifères marins sur la zone et

  • l’impact de pêcheries équipées de filets avec des dispositifs pingers, sur le comportement des populations de grands dauphins et de phoques gris résidents sur la zone du Parc.
  • Les équipes du Parc marin se sont aussi concentrées sur l’efficacité de l’usage de répulsifs acoustiques pour limiter les captures accidentelles dans les filets calés.

Les résultats de l’étude

Les données ont été recueillies sur une année complète d’observations à la mer, d’avril 2008 à avril 2009. Les analyses ont été réalisées sur les filets à grande maille dirigés sur la baudroie. Sur cette période, 42 marées d’une journée ont été effectuées sur dix navires au cours desquelles 158 opérations de pêche ciblant la baudroie ont pu être suivies. Cela représente un total de 612 km de filets levés en présence d’observateurs, dont 462 km de filets commerciaux non équipés et 150 km de filets équipés de systèmes acoustiques. La fiabilité technique et la facilité d’utilisation des trois répulsifs testés dans les conditions de pêche commerciale ont aussi été analysées.
Sept captures accidentelles ont été recensées sur les filets à baudroie : cinq marsouins et deux phoques gris. Aucune capture de dauphin n’a été observée. Deux des cinq marsouins ainsi que les deux phoques ont été capturés sur des filières équipées de systèmes acoustiques.
Une année d’expérimentation sur des trémails à baudroie ne permet pas de démontrer l’efficacité des répulsifs pour diminuer les captures de marsouins dans cette pêcherie de mer d’Iroise. Dans les filets équipés de pingers Aquamark 100, le taux de capture est apparu supérieur non seulement en marsouins mais aussi en phoques. Ces résultats amènent à se poser des questions, notamment sur l’attraction possible des phoques (« dinner bell » effect).

Conclusions de l’étude « PINGIROISE »

Aucun des trois pingers testés n’a démontré sa fiabilité technique. Ceci confirme les résultats déjà obtenus par des études réalisées en Irlande et au Royaume-Uni utilisant également d’autres modèles de répulsifs commerciaux. L’étude montre aussi que pour obtenir des résultats scientifiquement convaincants, il faut pouvoir observer un nombre suffisamment important de captures accidentelles dans l’expérimentation, ce qui est très difficile à obtenir. Face à ces résultats, il est communément admis que l’observation est plus efficace que l’utilisation de répulsifs acoustiques.
Une autre solution consiste à gérer le risque de captures accidentelles. Il s’agit ainsi de déterminer s’il y a des zones précises où les risques de captures sont particulièrement grands et qui nécessitent un regain d’attention et d’effort pour les prévenir. Cela impose de réfléchir à une échelle très différente et d’approfondir les relations entre l’espèce et les habitats qu’elle fréquente.