Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractères Agrandir les caractères Réduire les caractères

Extension de la réserve naturelle nationale d'Iroise en 10 questions

Le Parc naturel marin d'Iroise vous explique les enjeux du projet d'extension de la Réserve naturelle nationale d'Iroise.

Qu’est-ce qu’une réserve naturelle nationale d’Iroise ?

Les réserves naturelles nationales sont des zones protégées créées par l’État.
Elles sont le témoin de l’incroyable diversité de la nature en France. Les équipes qui les gèrent poursuivent trois missions indissociables :

  • protéger les milieux naturels, ainsi que les espèces animales et végétales et le patrimoine géologique,
  • gérer les sites,
  • sensibiliser le grand public aux enjeux de conservation et partager les résultats des études de suivi.

L’actuelle réserve naturelle nationale d’Iroise est située en plein cœur de l'archipel de Molène. Elle a été créée en 1992 et comprend le domaine terrestre des îles de Banneg, Balaneg et Trielen, représentant une superficie d’environ 40 hectares.
Depuis le 1er octobre 2016, la réserve naturelle nationale d’Iroise est gérée par le Parc naturel marin d'Iroise.

Pourquoi une extension de la réserve naturelle nationale aujourd’hui ?

Le Préfet du Finistère et le Préfet maritime de l’Atlantique ont demandé au Parc naturel marin d’Iroise de mener la concertation et de proposer les mesures adéquates pour étendre la Réserve.

L’objectif de cette extension est de protéger des espèces et des habitats vulnérables et de préserver, pour les générations futures, la biodiversité exceptionnelle de l’archipel.

Par ailleurs, dans un contexte d’extinction de masse des espèces, le gouvernement a affirmé à plusieurs reprises, l’importance et la nécessité d’étendre les réserves naturelles existantes pour en faire de véritables réservoirs de biodiversité.

A titre d’exemple on estime qu’aujourd’hui un tiers des oiseaux en France métropolitaine ont disparu. L’archipel de Molène est un site d’importance nationale pour

25% des effectifs nationaux de Grands gravelots,

80% des effectifs nationaux d’Océanites-tempête,

15% des effectifs nationaux d’Huîtriers pie,

5% des effectifs nationaux de Sternes naines.

Quels sont les enjeux environnementaux ?

L’archipel de Molène est devenu une zone refuge pour de nombreuses espèces en raison de la dégradation de l’environnement côtier ces cinquante dernières années (artificialisation de la côte, développement touristique, augmentation du nombre d’animaux domestiques prédateurs, etc.).

Plusieurs oiseaux menacés ou en déclin comme le grand Gravelot, l’Océanite tempête ou le Puffin des anglais subissent sur le continent la pression humaine et celle des espèces qui accompagnement l’Homme (chats, chiens, rats, etc.). Un point important du projet d’extension concerne notamment les espaces de pontes des oiseaux sur les estrans.

Le phoque gris, ainsi que des végétaux tels que l’Oseille des rochers, le Chou marin ou l’Ophiloglosse du Portugal font également partie des espèces sensibles dont la protection sera renforcée par l’extension de la Réserve.

En quoi consiste le projet ?

Afin de préserver cet équilibre fragile, le projet comprend l’ensemble des îles et îlots de l’archipel de Molène, ainsi que leurs estrans, du domaine terrestre jusqu’aux limites des plus basses mers de vives eaux. Le milieu marin, l’ile de Molène et l’ile de Quémenes sont exclus du périmètre de l’extension.

Les périmètres précis de protection et les périodes de restriction d’accès sont discutés lors de la phase de concertation. Ces restrictions ne concerneront que les zones et les périodes indispensables à la préservation des espèces sensibles.

 

Affiche extension de la réserve

Je suis un pêcheur professionnel en mer, qu’est-ce que cela va changer ?

Le milieu marin n’est pas concerné par ce projet, l’extension de la Réserve n’aura pas d’impact sur les activités des pêcheurs professionnels en mer.

Je suis un pêcheur loisir en mer, qu’est-ce que cela va changer ?

Le milieu marin n’est pas concerné par ce projet, l’extension de la Réserve n’aura pas d’impact sur les activités des pêcheurs de loisir en mer (casiers, lignes, etc.).

Je suis un pêcheur loisir à pied, qu’est-ce que cela va changer ?

La réglementation applicable à la pêche de loisir à pied est aujourd’hui suffisante pour préserver de manière efficace l’environnent et la ressource. L’extension de la Réserve ne devrait pas la modifier. Il sera donc toujours possible de pratiquer la pêche à pied dans le périmètre de la Réserve.

J’aime me promener sur l’estran, qu’est-ce que cela va changer ?

Le projet doit permettre de continuer à bénéficier d’un accès à la majeure partie de cet environnement préservé. L’accès à certaines zones sensibles bien délimitées sera en revanche réglementé.
A titre d’exemple, l’accès aux zones de pontes sensibles sera interdit à certaines périodes. Les principales plages resteront accessibles.

Quelle est la méthode de concertation mise en place ?

Le Parc naturel marin d’Iroise organise la concertation avec les acteurs concernés (association de plaisanciers, propriétaires des îles, élus, professionnels, scientifiques, acteurs du secteur touristique, etc.).

Les réunions de concertation, qui ont débuté le 7 février 2019, permettent de partager la connaissance sur les enjeux de protection et les activités humaines. D’ici l’été, cette phase de concertation devrait aboutir à une proposition de réglementation consensuelle.

Une fois le projet précisé, il sera soumis à enquête publique.

Pourquoi l’accès à une partie de l’estran des îles de l’archipel est-il interdit du 1er avril au 31 juillet 2019 et 2020 ?

La concertation autour de l’extension et sa mise en pratique sont des processus longs, incompatibles avec l’inquiétude globale liée à la disparition de la biodiversité. Dans ce contexte d’urgence écologique, le préfet du Finistère a souhaité interdire temporairement l’accès à certains secteurs de l’archipel de Molène, dans l’attente des conclusions et de la mise en place de l’extension de la réserve.

Un arrêté préfectoral interdit donc le survol par drone, la circulation et l’introduction d’animaux de compagnie sur une partie des estrans des iles de Béniguet, Bannec,  île aux Chrétiens, Quéménès et Litiri, pour prévenir le dérangement des oiseaux entre le 1er avril et le 31 juillet 2019 et 2020.