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Les hermelles

Les hermelles sont de petits vers qui forment des colonies denses sur le littoral. Ils vivent dans des tubes en sable qu’ils ont construits pour se mettre à l’abri des prédateurs et des conditions du milieu. Ils bâtissent ainsi de véritables cathédrales de sables, fragiles édifices mis à mal lors des tempêtes. Ces «récifs» sont plutôt localisés dans la Baie de Douarnenez. Générateur de biodiversité, leurs multiples cavités offrent un abri pour un grand nombre d’espèces de mollusques, de crustacés, de vers…

Fiche d'identité

Pour en savoir plus :

 

 

 

 

  • Identité :
    • Nom scientifique : Sabellaria alveolata
    • Nom local : hermelle
    • Nom breton : ???
  • Classification :
    • Embranchement : Annélides
    • Classe : Polychètes
    • Famille : Sabellariidés
  • Taille/poids : 3 à 4 cm de long.
  • Morphologie : L’hermelle est un ver marin formé de plusieurs anneaux. Il vit dans un tube droit qui peut atteindre 30 cm de long. Il le fabrique lui-même avec une sorte de ciment qu’il secrète pour agglomérer le sable. Cette maison est bien pratique pour se mettre à l’abri des prédateurs ! A marée haute, l’hermelle sort sa tête ébouriffée pour filtrer l’eau de mer. Il y trouve du plancton pour se nourrir et de l’oxygène pour respirer. Mais si on l’effleure à peine, il rentre bien vite au fond de son tube… L’hermelle ne supporte pas la solitude. Il vit en vaste colonie, chaque individu construit son tube près de celui du voisin. A la fin, ce pseudo récif ressemble à un gros « gâteau d’abeille ». Cette « bio construction » peut devenir énorme et mesurer jusqu’à 1,5 m de hauteur !
  • Régime alimentaire : Il filtre des particules minuscules et des petites algues (diatomées) en suspension dans l’eau. On dit qu’il est microphage.
  • Statut de protection : Cette espèce n’est pas protégée en France. Les récifs d’hermelles sont cependant reconnus d’intérêt européen.
  • Niveau de population mondiale : Les hermelles semblent en expansion sur le littoral français et plus spécifiquement sur les côtes bretonnes. L’espèce n’est pas menacée.
  • Niveau de population en Iroise : Les seules colonies sont situées en baie de Douarnenez. Elles ne sont pas menacées mais restent très localisées.
  • Facilité d’observation : On observe facilement sur l’estran, à marée basse, ces espèces de grosses roches poreuses à l’allure un peu bizarre.

 

Biologie

Les hermelles vivent sur la zone basse de balancement des marées. Leur reproduction a lieu presque toute l’année avec des périodes principales de pontes : mars / avril et juin / août. On reconnait les mâles des femelles par la couleur de leur abdomen : blanc pour monsieur, rose-violacé pour madame. Pendant la reproduction, chacun expulse ses cellules sexuelles. La fécondation a lieu dans l’eau. Le nombre d’oeufs produit par chaque femelle est très important. Les larves s’installent parmi les tubes des adultes qui émettent une substance attractive pour les attirer. Voici pourquoi les hermelles vivent toujours groupés.

 

Le suivi scientifique en Iroise

Avec l’Ifremer, le Parc naturel marin d’Iroise étudie cette espèce sur les plages du Ris et de Caméros en baie de Douarnenez. Ce suivi permettra d’obtenir plus d’informations sur l’extension des constructions, sur la reproduction et sur l’état de conservation des hermelles... Des zones précises ont été définies et des contrôles mensuels sont effectués pour suivre ces échantillons de population. Tous les deux mois des prélèvements génétiques sont réalisés. Un tel programme n’existe nulle part ailleurs en France !

 

Menaces

Plusieurs menaces pèsent sur les colonies d’hermelles :

  • Des causes naturelles :
    • Les massifs d’hermelles se brisent sous l’action des vagues lors des tempêtes.
    • Les périodes de grands froids peuvent fendre les constructions.
  • Des causes liées à l’Homme :
    • L’utilisation d’engins destructeurs pour la pêche à pied (tracteurs, pieds de biche…)
    • Le piétinement et l’écrasement des hermelles par des promeneurs
    • La pollution des mers et le développement des algues vertes qui asphyxient les hermelles
    • La compétition avec d’autres espèces animales favorisées par l’activité humaine (moules, huitres, crépidules…)
    • La destruction des récifs pour l’aménagement des côtes…