Impact du mouillage sur les herbiers de zostère
La présence d’herbiers de zostère (Zostera marina) a été relevée au niveau de la frange infralittorale dans 41 zones différentes du Parc marin. Compte tenu de la forte valeur écologique de ces habitats reconnus d’intérêt communautaire, le Parc a pour objectif de préserver les herbiers.
On constate deux types d’impact :
- l’impact des mouillages fixes dans les zones réservées à cet effet ;
- l’impact des ancres lors des mouillages forains.
Le Parc travaille à la mise en place de solutions pour concilier la protection des herbiers et les pratiques nautiques.
L’impact des mouillages fixes
Parmi les zones d’herbiers de zostère recensées dans le périmètre du Parc naturel marin d’Iroise, trois d’entre elles sont aussi des zones de mouillages avec une autorisation d’occupation temporaire collective (AOT) :
- Porsmoguer Kerhornou (78 postes) ;
- Plougonvelin (354 postes) ;
- Morgat (40 postes).
L’étude du site de Porsmoguer Kerhornou
Porsmoguer Kerhornou a été retenu comme « site test » pour expérimenter des matériels innovants et valider des solutions techniques transférables vers d’autres sites concernés par des problématiques identiques.
Cette expérimentation a été réalisée en partenariat avec l’Association des Plaisanciers de Porsmoguer Kerhornou (APPK), gestionnaire de cet espace dans le cadre d’une gestion collective.
Un travail de cartographie et de caractérisation de l’herbier de ce site a permis de mieux cerner l’impact et la problématique des mouillages fixes sur l’herbier.
Si l’emprise du bloc béton sur les fonds reste de petites dimensions (1 à 2 m2), la surface impactée par le frottement ou ragage de la ligne de mouillage, constituée uniquement de chaîne, est en moyenne de 180 m2. Ce ragage est dû au marnage important en Iroise (environ 7 mètres au maximum) dans des fonds de faibles profondeurs. La ligne de mouillage est considérée comme facteur principal de dégradation, les effets de l’ancrage restant secondaires.
| Surface totale de l’herbier | Surface de la zone de mouillages | Surface moyenne de frottement ou ragage d’un corps mort sur ce site | Emprise de la zone de mouillages sur l’herbier | Emprise du ragage sur l’herbier dans la zone de mouillages | Emprise du ragage sur la totalité de l’herbier |
|---|---|---|---|---|---|
| 140 857 m2 | 51 182 m2 | 186,2 m2 | 36,40 % | 29,10 % | 10,5 % |
L’impact des mouillages forains
Les zones de développement de l’herbier de zostère sont abritées et de faible profondeur, avec des fonds de sables.
Ces zones sont également très recherchées par les plaisanciers pour une escale pique-nique ou passer une nuit.
Le mouillage de l’ancre mais surtout sa remontée induisent un arrachage des feuilles, parfois des rhizomes (racines). La multiplication de cette pratique sur des sites fréquentés peut perturber le rôle écologique de l’herbier.
Les herbiers présents dans le Parc sont répertoriés et des cartographies peuvent être fournies sur demande.
Les bonnes pratiques
Des gestes simples permettent de limiter son impact :
- Je choisis des zones sans herbiers pour jeter l’ancre (ces zones sont plus claires vues du bateau)
- J’utilise un orin (cordage relié à une bouée de surface et accroché à la tête de l’ancre) permettant de relever l’ancre sans labourer les fonds.











